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Samedi 24 novembre 2012 6 24 /11 /Nov /2012 09:46

Charte de l'enfance sourde Aujourd'hui 24 novembre 2012, cela fait 300 ans que naissait charles Michel de l'épée

 

Ensemble, provoquons le changement!

 

Voir la vidéo sur ce lien :

http://www.youtube.com/watch?v=kJB_bsbAZKA&feature=youtu.be

 

IIl y a près de 300 ans, l’abbé de L’Epée a instauré une véritable éducation en langue des signes et nous a appris l’importance de constituer des groupes d’enfants Sourds pour la vitalité de la langue des signes et le développement de la langue de ces enfants. Il a été reconnu depuis internationalement comme le symbole de la naissance des Sourds.

Nous tenons à réaffirmer à l’occasion de la commémoration de sa naissance qu’un enfant sourd n’est handicapé ni de la parole ni de l’entendement, contrairement à ce que les « spécialistes » de la surdité affirment aujourd’hui !

Les enfants sourds entendent, avec leurs yeux, et s’expriment, parlent, avec leurs mains et cela avec autant de richesse et de facilité que le font les enfants entendant et s’exprimant dans une langue vocale. L’ensemble des associations et personnalités signataires de cette Charte affirment qu’une filière de soin par le son et totalement médicale porte atteinte de plus en plus gravement à la transmission de la LSF dans l’enfance Sourde.

Cela conduit à des désastres éducatifs et humains. La surdité n’est pas un problème de santé mais un problème de société. Nous constatons que seulement moins de 5% des enfants sourds scolarisés ont la LSF comme langue d’enseignement. La LSF est parfois présente dans les lieux d’éducation ou de rééducation mais le plus généralement de manière très réduite!

Nous saisissons dès maintenant toutes les instances habilitées à se prononcer sur cette situation ainsi que les divers médias et réseaux d’information afin de faire connaître les impasses qu’une telle organisation éducative produit en ce moment même.

Alors que la plupart des travaux, linguistiques, sociologiques et psychologiques, démontrent la nécessité pour l’enfant d’accéder le plus tôt possible à cette langue, la quasi totalité des enfants sourds ne peut toujours pas la rencontrer. L’orientation éducative actuelle a détruit les groupes d’enfants sourds en les plaçant seul en intégration dans leur école de quartier. Cela conduit à la fois à isoler ces enfants d’une relation enrichissante avec leurs pairs et à détruire par là même la vitalité de la LSF Or, si nous voulons que les enfants sourds accèdent au français écrit dans toute sa richesse littéraire, il est indispensable de constituer des groupes d’enfants signeurs parlant une LSF de grande qualité.

Ainsi, alors qu’a été très largement démontré combien la pratique précoce de la LSF favorisait le désir d’aller vers d’autres formes langagières orales ou écrites, nous assistons à la mise en œuvre de sa disparition effective. Au delà des discours, la législation actuelle en matière de « libre choix de communication » se révèle donc dans les faits inégalitaire et discriminatoire puisque ne mettant pas en place les véritables conditions d’accès à cette langue pour les familles et pour les enfants sourds eux-mêmes.

 

Nous refusons de nous taire devant une telle situation. Ceci concerne le processus d’humanisation, de socialisation de toute une génération d’enfants et nous interpelle tous au delà de la question de la surdité! La constitution de groupes d’enfants signants ainsi que la présence de professionnels sourds compétents auprès d’eux doivent être respectées et valorisées ainsi que l’ont déjà compris d’autres pays. En instituant cette dimension de groupe nous construisons effectivement le respect de la différence et non pas comme actuellement la mise en avant du déficit !

Pour que les enfants entendants puissent aussi apprendre cette langue, elle doit être vivante et donc parlée par des locuteurs signant réunis dans des groupes conséquents. Ceci permet de faire naître un nouveau regard sur ceux qui parlent autrement et qui par leurs différences langagières enrichissent tous ceux qui les rencontrent.

 

Nous en appelons donc à penser un véritable accueil de la différence et à construire une réelle éducation en langue des signes française au sein des dispositifs éducatifs de notre pays. Nous nous élevons contre une tentative infondée et injustifiée d’assimilation de la surdité à une maladie et des Sourds à des malades à soigner par le son et appelons les législateurs à ne pas céder à des lobbies impulsant ici indûment des perspectives sanitaires inappropriées.

 

Nous refusons la situation actuelle qui prive l’enfant sourd de la langue des signes vers laquelle il est attiré très précocement, langue qui lui est nécessaire pour prendre parole très tôt, s’instruire ainsi que tous les autres enfants et aller ensuite vers d’autres univers langagiers.

 

Nous demandons au plus vite :

Que des dispositifs de groupes conséquents d’enfants sourds bénéficiant d’un véritable enseignement en LSF se mettent réellement en place sur tout le territoire français.

Que tous les parents qui le souhaitent puissent recevoir gratuitement une formation en langue des signes française et que les enseignants Sourds bénéficient d’un véritable statut d’enseignant correspondant à leurs compétences.

Que des modalités d’accueil et d’éducation favorables aux langues signées et inspirées de ce qui existe déjà ailleurs s’inscrivent au plus vite dans le droit français.

Avec IVT, FNSF, APES, 2LPE et AFILS

1. Philippe Boyer (FNSF)

2. Emmanuelle Laborit (IVT)

3.Patrice Dalle (ANPES)

4. Hatice Asken (2LPE-BP)

5. Guylaine Paris (AFILS)

6. André Meynard (psychanalyste)

7. Catherine Vella (ANPES et 2LPE)

 

Chaque personne qui signe renforce notre mobilisation.

 

Merci de prendre une minute pour singer la pétition:

Charte de l’enfance sourde: http://www.avaaz.org/fr/petition/Charte_LSF_pour_les_enfants_sourds/


 

Ensemble, provoquons le changement!

Par catherine Vella - Publié dans : luttes
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Mardi 9 octobre 2012 2 09 /10 /Oct /2012 13:09

lettre au président, M François Hollande, envoyée le 9 octobre 2012, à 13h10

 

Bonjour,
j'ai écouté votre discours ce matin , 9 octobre 2012,  je suis maman d'un enfant sourd de 5 ans qui communique en langue des signes et je m'inquiète des propositions présentées
- inclusion pour les enfants handicapés
- formation des AVS
Vous dites qu'il est important de mettre les enfants à l'école maternelle dès 2 ans pour qu'une bonne maitrise de la langue permette ensuite un meilleur apprentissage de la lecture  !
Et les enfants sourds ? Et la LSF dans tout cela ? En inclusion, quel bain de langue pour les enfants sourds isolés dans leur école de quartier avec personne avec qui communiquer de manière satisfaisante ?
Oui maitriser sa langue c'est se donner toutes les chances de réussir à lire et à apprendre le français écrit, alors donnez aussi cette chance aux enfants sourds en leur donnant toutes les chances de bien maitriser la LSF en maternelle, et en cycle 2 !
Et en leur offrant une école 100% accessible, avec 100% des heures d'enseignement en LSF !
Mon fils est dans une classe en LSF, à Champs sur Marne, ces classes existent depuis bientôt 30 ans, comme à Ramonville, près de Toulouse, les enfants y ont un accès total aux savoirs et peuvent entrer dans la lecture car les méthodes pratiquées leur sont adaptés !
j'aimerais que tous les enfants sourds de France dont les parents ont choisi la LSF comme langue de communication, aient cette même chance.
j'aimerais que la valeur de ce qui se pratique dans ces classes soit reconnue à sa juste place.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui où les inspecteurs de l’Éducation nationale veulent absolument isoler les enfants en inclusion dans leur école de quartier, les condamnant ainsi à la solitude, à l'isolement et à l'ignorance !
La France ne peut elle se donner les moyens de la réussite scolaire des enfants sourds ?
Devons-nous, encore et encore, perpétuer les erreurs du passé qui donnent un taux d'échec scolaire recors chez les enfants et les adultes sourds de ce pays ?
Une AVS, non, un enseignant maitrisant la langue des signes et transmettant son savoir par cette langue, voilà ce que j'ai comme ambition pour l'éducation de mon fils.
je refuse de le mener à l'échec scolaire et à l’illettrisme !
Pourquoi ne pas donner à la France cette même ambition, adapter les méthodes, former des enseignants sourds ou entendants et réussir à faire de la nouvelle génération d'enfants sourds de se pays, des lettrés, aux mêmes titres que leurs camarades qui entendent ?
Les USA, les pays du nord de l'Europe y sont parvenus, pourquoi pas nous ?
Voyez vous la LSF cela a servi à mon petit garçon de 5 ans à suivre ardemment les élections présidentielle et à comprendre beaucoup de choses à ce sujet, il a mis votre bulletin dans l'urne avec joie et fierté et au soir de votre victoire rêvait de vous rencontrer !
La LSF cela permet à mon fils d'apprendre à être un citoyen de ce pays !

Les enfants sourds de ce pays ont le droit au respect de ce qu'ils sont, dans leur vie quotidienne et dans leur éducation !

Merci de votre écoute Monsieur le président
avec tout mon respect
Catherine VELLA


Par catherine Vella - Publié dans : luttes
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Mercredi 3 octobre 2012 3 03 /10 /Oct /2012 22:47

 Lorsqu’on est parents d’un enfant sourd, lorsqu’on vit très bien avec cela, que la langue des signes est la langue de communication familiale, la vie peut paraitre paisible. Elle l’est quand on est à la maison, ou entre nous.la vie est belle, simple, riche !

Dehors c’est une bataille sans fin !


Pour l’éducation,

Comment faire reconnaitre par l’éducation nationale que la langue des signes est une vrai langue, qu’elle permet de tout apprendre et de tout comprendre !

Comment faire comprendre à l’éducation nationale que seul en intégration, un enfant sourd vit ce qu’un être humain a de plus dur à vivre, l’isolement et la solitude, sans copains de son âge avec qui partager sa vie d’enfant !

Mon fils a la chance inouïe car il est dans les classes LSF de Champs sur Marne (77), avec d’autres enfants sourds et une enseignante sourde d’une très grande qualité pédagogique et d’une très grande compétence !

Mais il fait en cela partie des quelques privilégiés !

Car vous, les spécialistes, les éducateurs, quand avez-vous discuté sérieusement avec des adultes sourds pour la dernière fois ? D’égal à égal, de professionnel à professionnel ?
Quand leur avez-vous demandé comment ils avaient grandi, Comment ils avaient vécu leur éducation, très majoritairement oraliste ?
Quand leur avez-vous demandé quelle relation ils entretenaient avec leurs parents ?
Quand, vous qui prétendez apprendre à lire le français aux enfants sourds, avez-vous demandé aux adultes sourds comment ils avaient réussi à apprendre à lire. ?

Quand vous tous aurez vous compris que rendre l’enseignement 100% accessible aux enfants sourds est le seul choix sensé à faire !

Si les adultes sourds travaillant auprès des enfants sourds ne sont pas respectés comment les enfants sourds peuvent ils être respectés !


Et le péri scolaire !

Alors là …

Je vous raconte une petite histoire

Vincent est entré à la maternelle en septembre 2009, mais n'a commencé à fréquenter le centre de loisir qu’en avril 2010.
Septembre à novembre 2009, opération cardiaque, interdiction de la collectivité.

Novembre 2009 à décembre  2009, maman gardait Vincent le mercredi et pendant les vacances, elle a arrêté ensuite, atteinte d'un cancer dont elle est décédée en juillet 2010.

De janvier 2010 à décembre 2010, mon mari étant en activité partielle, il gardait Vincent le mercredi de temps en temps,
En février/mars 2010 un animateur désirant apprendre la LSF a été transféré à la Cerisaie pour s'occuper de Vincent. Qui est donc l’animateur de l’autre …

En février 2011, j’ai obtenu un rendez-vous avec l’élu chargé de l’enfance au sujet de l’accessibilité du centre de loisirs pour Vincent.

En effet, Vincent avait alors 4 ans, il s’exprimait très bien en langue des signes et vivait de plus en plus mal ses mercredi et ses vacances au centre où personne n’était capable de lui parler et de le comprendre. Elle semblait entièrement en accord avec ma demande.

Pendant les vacances d’avril 2011, ne voyant toujours rien venir, j’ai payé une personne pour accompagner Vincent an centre toute la journée, parallèlement, l'association "deux mains pour s'entendre" a effectué quelque séances de jeux en LSF au centre pour apprendre quelques rudiments aux enfants et aux animateurs.

Mai/Juin 2011, suite à un incident au centre de loisirs, j’ai payé quelqu’un à la maison tous les mercredi pour garder Vincent, tout en multipliant les démarches afin qu’il puisse être accueilli au centre de loisirs pour l’été 2011.

Début Mai 2011, jai transmis 7 CV de personnes signantes,
Le psychologue du SSEFIS Laurent Clerc de Noisiel a envoyé un courrier pour expliquer l'importance d'un accueil signant pour Vincent, le directeur du SSEFIS a proposé de venir faire une sensibilisation à la surdité pour les animateurs. Ils n'ont pas été sollicités.

Fin juin 2011, j'ai eu un rendez-vous avec le directeur de la mairie chargé de l’enfance, son adjointe le responsable des centres de loisirs où il m'a été assuré que pour l'été 2012, au plus tard, Vincent aurait un accueil en LSF dans son centre de loisirs.

Pendant l'été 2011, une jeune femme sourde, signante, a été embauchée pendant 1 mois pour accompagner Vincent, cela c’est très très bien passé !.
Parallèlement, l’animateur qui rêvait d’apprendre la LSF a demandé à suivre une formation de 20 semaines pour apprendre la LSF. Soit un programme complet qui lui permettait d’acquérir un niveau correct.

De septembre 2011 à janvier 2012, Vincent, scolarisé à Paris, a fréquenté les centres de Loisirs de la ville de Paris, avec un adulte sourd signant comme animateur SC.

En janvier 2012, j'ai contacté le service de la mairie de Montreuil pour informer que Vincent retournait à l'école de Champs sur Marne et donc ne pourrait plus fréquenter les centres de Paris.
Afin de laisser un peu de temps aux équipes, j'ai demandé à ce qu'un accompagnement soit mis en place pour les vacances d'avril 2012.

Pour les vacances d’avril 2012, un animateur maitrisant la LSF a été embauché, SC, pendant 15 jours, excellent résultat !

De mai à juin 2012, le mercredi, une personne continuait à garder Vincent à la maison.
En Mai 2012
, le directeur du SSEFIS est venu une matinée pour sensibiliser les équipes d'animations à la surdité.

En juin 2012, j'ai transmis 4 courriers de professionnels expliquant pourquoi Vincent ne pouvait rester sans accompagnement LSF au centre de loisirs.

J'ai aussi demandé une dérogation afin que Vincent rejoigne une autre enfant sourde A, cela économiserait un animateur, au lieu d'embaucher 2 animateurs signant, 1 seul suffirait, et d'autre part, les enfants sourds ont besoin d'avoir des relation avec leurs pairs, et donc avec d'autres enfants sourds.
Un accord de principe m'a été donné par l’élu chargé de l’enfance.

Pour les vacances d’été 2012, un animateur maitrisant la LSF a été embauché, 3 semaines, SC. Les enfants sont restés chacun dans leur centre respectif : ((
4 Août, nous avons été reçu par la responsable des centres de loisirs nommées depuis avril 2012 qui nous a dit ne pas pouvoir intégrer Vincent en septembre mais qu'un recrutement était en cours et serait finalisé début octobre

En août et septembre2012, pour permettre au service enfance de recruter une personne ayant une expérience en animation et maitrisant la LSF, nous avons gardé Vincent le mercredi.

Septembre 2012, Vincent a repris le chemin de son école de Champs sur Marne où il est en grande section de maternelle, il y  parfait ses bases d'apprentissage de la langue des signes, avant d'aborder le début d'apprentissage d'une seconde langue :le français écrit.

 Vendredi 28 septembre, la responsable enfance de la mairie, me dit que le 3 octobre, enfin, Adèle et Vincent seront accueillis dans un centre ressource Louise Michel, où ils auront une animatrice maitrisant la LSF.
Jusque là, bel espoir ! On nous dit que la responsable sera là pour l'accueil pour que le premier jour se passe bien
Le 3 octobre, à 9h, pas de responsable, juste l'animatrice, la personne en charge de la mission handicap et nous, les mamans et nos enfants.
Les animateurs de Louise Michel ne savaient pas quoi faire car prévenus hier soir, rien n’est prêt !

Les dossiers des enfants n’ont même pas été transférés !
La directrice arrive, nous allons vers les salles du centre de loisirs et là elle nous dit, on met Vincent en élémentaire et Adèle en primaire, ici tout est cloisonné, pas de passerelle !
Consternation !
Et l'animatrice, elle doit se couper en 2 ?
La directrice  présente les enfants en disant " ils n'entendent pas bien", mettez vous devant eux pour leur parler " ...
Non, non, ils sont sourds et ils signent et aucun des 2 ni ne lit sur les lèvres ni n'oralise !
Mais la directrice ne peut pas le deviner vu que personne ne l'a informé !
Choquées à l’idée que nos enfants vont être séparé et laissé isolé dans un centre qu'ils ne connaissent pas avec des enfants qu'ils ne connaissent pas, nous demandons à la directrice de retourner dans son bureau pour explications.
Là, nous découvrons qu'aucune activité commune n'est prévue, qu'ils ne pourront même pas manger ensemble !
Consternation !

A quoi cela sert de les expatrier loin de leurs copains si ce n'est même pas pour être ensemble !
Comme nous voulons repartir avec nos enfants, un arrangement est trouvé, Vincent ira en maternelle avec Adèle, ouf !
J'explique que j'avais envoyé le certificat de scolarité de Vincent disant qu'il restait en maternelle cette année, La responsable me répond qu'elle n'ouvre jamais les pièces jointes des mails !
On sent que la directrice panique, elle nous dit quel est très habitué, car un petit Thomas est là depuis longtemps, il est implanté et oralise un peu donc elle maitrise le sujet de la surdité, nous lui répondons que Thomas oralise un peu, nos enfants pas du tout , les situations sont très différentes ! La pauvre directrice fait ce qu'elle peut !
Nous allons chercher les enfants en élémentaire pour les accompagner en maternelle où les animateurs présent découvrent qu'ils vont accueillir des enfants sourds !
Ils ne savent pas du tout comment réagir ni intégrer la pauvre animatrice qui a été placée là pour les enfants car elle signe !

Bilan, les enfants ont mal vécu cette journée !
Bref, une horreur, on se moque de nous depuis des mois !

Alors là, que faire, défenseur des droits ? Encore et toujours, juste pour que l’on traite nos enfants avec respect et dignité ! Ce qu’ils ont vécu ce matin du 3 octobre est extrêmement dur !

Je précise que la directrice comme la responsable des centres de loisirs refusent catégoriquement d’embaucher un animateur sourd, même quand on leur dit qu’à Paris ou ailleurs, des animateurs et mêmes des directeurs de colonie de vacances sont sourds et gèrent des groupes d’enfants sourds et entendant sans que cela pose de problème, alors pourquoi cela en pose à Montreuil ????

Dites mois dans quel siècle nous sommes ?

Dites moi, comment faire cesser cette discrimination quotidienne !

 

 

 

 

Par catherine Vella - Publié dans : notre histoire
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Jeudi 7 juin 2012 4 07 /06 /Juin /2012 15:39

 

M. Le Premier ministre

Nous sommes les parents d’enfants sourds scolarisés dans le 77, nos enfants apprennent et s’expriment en langue des signes, c’est une vraie langue reconnue par la loi de 2005.

Dans l’académie de Créteil il n’existe que 3 classes entièrement accessibles à nos enfants, accessible par la langue utilisée, la LSF, et accessible par le programme adaptée, notamment dans l’apprentissage du français écrit.

Ces classes sont situées à Champs sur Marne.

Ces 3 classes, une maternelle et 2 en élémentaire, une classe de CP CE1 et une classe de CE2, CM1 et CM2. Elles sont suivis d’un collège et d’un lycée aménagé en LSF. Cette filière complète permet à nos enfants d’accéder au français et d’espérer pouvoir obtenir un diplôme !

Elles accueillent cette année 9 enfants sourds en maternelle et 12 enfants en élémentaire.

Dans chaque classe un enseignant sourd est présent. Cela permet aux enfants de s’identifier et de se convaincre qu’ils peuvent accéder aux français. Les enfants comprennent que cette langue (le Français) n’est pas réservée aux personnes qui entendent et c’est important quand on connait l’énorme taux d’adultes sourds ayant de grosses difficultés avec le français écrit !

En ce moment, ces classes sont fragilisées.

La ville de Champs sur Marne change énormément, la mairie ne peut plus assumer seule les frais de ces classes, aucun des enfants qui y sont scolarisés n’habite à Champs sur Marne ! En effet il n’existe dans l’académie de Créteil aucune autre classe 100% accessible à nos enfants.

C’est donc la mairie de Champs qui supporte seule la scolarisation de nombreux enfants. En effet, de nombreuses mairies refusent d’assumer leur rôle et de prendre en charge les frais de scolarité de nos enfants, y compris la cantine scolaire. Vous allez me répondre que les frais de bouche ne font pas partie des frais de scolarité mais dans notre cas ils doivent en faire partie.

En effet, nos enfants sont accompagnés chaque matin par des transports scolaires qui les raccompagnent chez nous le soir, certains enfants vivent à plus de 40 km de Champs. Laisser nos enfants à la cantine est donc une obligation, nous n’avons pas le choix !

Mettre nos enfants dans ces classes est une obligation, si nous souhaitons qu’ils aient un avenir, nous n’avons pas le choix.

En région parisienne, Massy et Paris, rue de Turenne, sont les deux seuls autres lieux qui proposent des classes en langue des signes.

Aujourd’hui, depuis janvier 2012, le prix de la cantine est passé, pour les enfants qui n’habitent pas Champs, ce qui est le cas de tous les enfants sourds, à 11 euros pour le primaire et à 13 euros pour la maternelle.

C’est une catastrophe pour de nombreuses familles dont les villes refusent toute participation au prix de la cantine !

Certaines familles envisagent de vendre leurs maisons et d’aller vivre proche d’une autre école en LSF. Des villes comme Lagny, Maincy ou Gouvernes refusent catégoriquement d’accorder une participation quelle qu’elle soit, au prix de la restauration scolaire ! Les enfants de cette ville ont-ils les mêmes droits que les autres ?

L’inscription dans ces classes 100% accessibles à nos enfants doit elle dépendre de l’intelligence d’une équipe municipale ou, comme le prévoit la constitution française, tous les enfants doivent ils avoir le même droit à l’éducation ?

Nous avons l’impression d’être doublement pénalisés, d’une part le manque cruel de classe totalement accessible à nos enfants, en lsf à 100% et avec un programme accessible, les obligent à de longs trajets quotidien mais en plus les factures de cantine font de leur scolarité une charge très lourde pour le budget des familles !

Commentdes mairies peuvent elles refuser de prendre leur part de responsabilité financière dans la scolarisation des enfants sourds ?

Avoir des classes 100% accessibles aux enfants sourds, par la langue d’enseignement et par le programme enseigné, n’est-ce pas mettre tous les atouts du côté de la réussite scolaire des enfants sourds ?

La mairie de Champs va avoir du mal à continuer à recevoir et soutenir ces classes, que vont devenir nos enfants ?

Nous sommes extrêmement inquiets pour l’avenir !

D’autant que le statut des enseignants sourds de ces classes restent très précaire, ils n’ont pas le master 2 indispensable à leur titularisation mais n’est ce pas la faute de l’éducation nationale qui n’arrive pas à construire une filière accessible jusqu’à l’université pour les étudiants sourds !

M. Le Premier ministre nous souhaiterions vous rencontrer pour nous permettre de vous expliquer clairement le danger et notamment ceux qui menacent dans l’immédiat nos classes de Champs sur Marne !

Veuillez recevoir, M. Le Premier ministre, nos salutations les plus respectueuses.

Par catherine Vella - Publié dans : notre histoire
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Jeudi 7 juin 2012 4 07 /06 /Juin /2012 07:39

03062012               Petite fable du soir

C’est l’histoire d’un petit garçon sourd qui veut aller au centre de loisirs à côté de chez lui, ce petit garçon signe et n’a aucun accès à l’oral.

Sa maman essaie donc de prendre contact avec le directeur du centre et de sa hiérarchie pour rendre ce centre accessible.

Au début on l’écoute mais très vite elle se rend compte qu’on ne fait que semblant de l’écouter.

Dans le centre il y a un animateur qui rêve d’apprendre la LSF, il connait quelques mots de dictionnaire. il en est très fier !

Le petit garçon dépérit au centre de loisirs, personne n’est là pour parler avec lui, et comme sa maman insiste auprès de toute la hiérarchie municipale, on lui répond «  mais on communique avec votre fils, on lui sourit »   …

La maman, en colère finit par obtenir un animateur sourd pour les vacances d’été, et tout le monde est content cet été là !

Ouf, se dit elle, le problème est résolu …

Mais non, en septembre, toujours personne pour son fils en LSF dans le centre de loisirs, en avril, enfin, une animatrice sourde est à nouveau embauchée. Super, se dit encore la maman, ils ont compris ! Mais là aussi, juste pour 15 jours, c’était trop beau..

Arrive alors une petite fille sourde de 3 ans et demi qui doit entrer dans un centre de loisirs quelques rues à côté, et là, tout est à recommencer, comme si c’était la première petite fille sourde intégrant un centre de loisirs dans cette belle ville !

En mai dernier, au bout de 15 mois de bataille acharnée, le service enfance de cette belle mairie accepte d’inviter les professionnels qui s’occupent du petit garçon sourd, ils viennent gratuitement sensibiliser les animateur. c'est vrai que 15 mois pour faire un appel, c'est quand même un délai raisonnable. Mais le responsable de la mairie a totalement oublié d’en informer le directeur du centre de loisirs élémentaire, vous savez, le centre de loisirs où le petit garçon va entrer dans deux mois ! c'est ballot tout de même !

A vrai dire, ils n’ont même pas pensé du tout à l’informer qu’un petit garçon sourd signeur allait arriver dans son centre de loisirs ! Et, évidemment ils ne l’ont pas invité aux réunions à ce sujet ! Quand même il exagère ce directeur de tout vouloir savoir comme cela ! 5 année de primaire, il aura bien le temps de comprendre !

Ah oui, j’oubliais, le jeune animateur a fait une petite formation de LSF, du coup il s’imagine tout savoir sur les sourds et propose de sensibiliser l’équipe du centre de loisirs qui va recevoir la petite fille sourde.

Hé oui, les deux enfants ne seront pas ensemble, pourquoi mutualiser les moyens humains et financier, c’est ridicule doivent penser les services de l’enfance de cette si belle ville !

Pourquoi embaucher un animateur sourd, contenter tout le monde, économiser sur les charges sociales et obtenir une subvention de la CAF ? C’est idiot pense ce service si malin, mieux vaut dépenser de l’argent à former un tout petit peu un animateur très sûr de lui qui fera office de super spécialiste de la surdité sur la ville !

Triste fable pour notre triste situation à Montreuil avec Vincent et maintenant Adèle …

Catherine , maman fatiguée de se battre contre un mur de plomb !

Par catherine Vella - Publié dans : notre histoire
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