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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 21:05

Les vacances sont terminées, l’école a repris, encore une année de gagnée sur le sort, encore une année de chance extrême dans la classe bilingue de Bobigny.

Comme je ne sais pas où Vincent ira au collège, je savoure cette rentrée si ordinaire.

Pas de collège bilingue en Seine-Saint-Denis, pas non plus à Paris ! Deviendrons-nous, nous aussi des exilés scolaires ?

Cette année commence une nouvelle bataille pour son droit d’être un petit citoyen de ce pays, pour son droit à l’éducation.

Ce soir, les images, les émotions de ces vacances remontent à ma mémoire, elles me donnent de la force et de la confiance en nous tous et nous toutes.

Ces vacances c’est d’abord, une fête dans un jardin extraordinaire, entourés d’êtres magnifiquement humains, un moment d’air pur pour nos cœurs et nos cerveaux. Cette assemblée bigarrées et hors normes, le partage d’un repas, d’une après-midi avec des personnes devenues chères à nos cœurs, a été pour nous une belle bouffée d’oxygène !

Ensuite, cette Bretagne de Cornouaille, ses pierres, ses landes, ses dunes, son océan, cela nous a procuré des sensations fortes qui nous ont rendu l’énergie perdu dans la tempête de l’année qui venait de s’écouler.

Et enfin Douarnenez, le Chapiteau du festival, le bouillonnement des idées, des luttes identiques bien que diverses, les amis, la LSF, Fabrice, Fred, Vincent le grand, Marik, Regine, Delphine, Laure, Sonia, Julia, Isabelle, Levent, chou, Françoise, Danielle et tous les autres.

Un pique nique dans un lieu hors du temps, des animaux, des paroles, des signes, et Vincent le petit qui écoute, écoute tellement attentivement !

Vincent était si heureux !

Il a des instants, comme ceux passés cet été où le temps s’arrête, à la fois hors du temps mais pourtant tellement dans la réalité !

Nos revendications aux unes, aux uns et aux autres semblent simples, le droit d’être, d’être tel qu’on est, tel qu’on est né, ou tel qu’on se sent être. Nous revendiquons une langue, une culture, une marnière d’être au monde, mais cette bataille pour la vie debout, pour la dignité, pour notre humanité, semble déstabiliser totalement les normes établies. Cela se sent aux résistances que nous rencontrons, les mêmes en fait quelques soient nos luttes. Ces puissants aux pieds d’argiles aimeraient tant que nous rentrions dans le rang, et bien non, nous ne lacherons rien !

Et le retour, Vincent a de grosses larmes sur les joues, c’était si bien sur la place du chapiteau, sa langue était partout, ses amis étaient là, les petit et les grands, les sourds et les entendants.

Une semaine après, ces jours en Pays de Douarn sont encore dans nos têtes et dans nos cœurs ? Vincent est toujours un peu triste. Nous, nous avons repris des forces et fait le plein d’arguments et de moyens de mener nos batailles. Nous avons retrouvél’énergie de tenir bon dans nos convictions et nos revendications. Mais nos cœurs sont lourds, nos amis nous manquent.

Cela a donc été un moment extraordinaire que nous n’oublierons pas de si tôt, que ce soit Vincent ou nous !

été 2016

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Published by catherine Vella