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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 17:21

 

Voilà 4 histoires totalement vraies qui nous sont arrivées il y a peu de temps

 

1)

Scène de bus

Vincent et moi, nous sommes assis dans un bus et nous signons, il me raconte sa journée.

En face, un couple,

Au bout de quelques instants la dame dit à son mari,

« Le pauvre, regarde, il ne parle pas, c’est normal avec une maman sourde … »

Une fois que Vincent a eu fini de me raconter sa journée, je me suis tournée vers la dame pour lui dire :

« Ce n’est pas moi qui suis sourde, c’est lui … »

Consternation !

 

2)

Scène de restaurant

Nous sommes tous les trois dans un restaurant en Espagne, il y a peu de place, juste à côté de nous s’installe une tablée de retraité français.

Nous discutons entre nous, en LSF, bien sûr, tout d’un coup, l’une des femmes d’à côté dit en nous regardant :

« Vous savez, maintenant on les éduque ces gens là »

Quelques minutes se passent, nous continuons à signer entre nous, la serveuse arrive et avec un plaisir énorme je lui demande de l’eau à voix haute et mon mari lui demande du pain !

Les 4 convives d’à côté ont plongé leurs regards dans leurs assiettes, et n’ont plus dit un mot jusqu’à ce que nous partions ! Grand moment de solitude !

 

3)

Scène de RER

Un vendredi, Vincent et moi, nous sommes dans un RER, en face un couple.

Vincent commente ce qu’il voit par la fenêtre et je réponds à ses questions.

Tout d’un coup, la dame avec beaucoup de gentillesse, se penche près de l’oreille de Vincent et lui dit

«Et bien mon petit, tu n’es pas à l’école aujourd’hui ? »

Vincent me demande ce qu’elle a dit, je lui traduis, puis il signe

« Non, la maitresse était malade »

Ce que je traduis à la dame interloqué, confuse mais très gentille !

 

4)

Scène de métro

Sur un quai de métro, mon mari et mon fils discutent d’un spectacle qu’ils viennent de voir, une dame s’approche d’eux, se penche vers Vincent et lui dit

« Mon petit, peux tu demander l’heure à ton papa ? »

Mon mari rit, traduit à Vincent qui aussitôt lui montre tout fier sa belle montre rouge et mon mari répond à la dame en lui donnant l’heure à haute voix. Elle s’éloigne stupéfaite en esquissant un faible merci !

 

Morale de ces 4 histoires totalement vraies

Mesdames et messieurs, lorsque vous rencontrez des adultes qui signent avec un enfant, ce ne sont pas toujours les adultes qui sont sourds.

 

Oui des parents entendants peuvent communiquer en LSF avec leurs enfants dans la vie de tous les jours !

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 09:25

accesLSF24102013.jpg

 

En vert = Les instituts et centre médico-sociaux 
Les étoiles rouges = Les classes bilingues

 

travail en cours, merci de me signaler les oubis

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 08:04

Vincent-PIGEON-VELLA.jpg

 

Noël 2009, j’étais si triste, je ne savais pas comment transmettre la magie de noël à Vincent, comment faire briller ses yeux à l’écoute des histoires qui ont bercé mon enfance et celle de son frère et de sa sœur.

Tous ces contes merveilleux qui aident à grandir, ces espoirs qui rendent heureux, ces légendes qui nous construisent et ont fondé les civilisations !

Heureusement mes amis sourds nous ont aidé et lui ont raconté la belle histoire de noël.

 

Noël 2012, 3 ans après, son imaginaire, comme celui de tous les enfants de son âge, est rempli de princesses et de sorcières, d’ogres et de chevaliers, de dragon et de fées !

Il attend le père noël avec impatience, et était si ému de le rencontrer, ce père noël sourd qui signe et avec qui il peut discuter, à qui il a pu envoyer une « vidéo lettre » http://www.youtube.com/watch?v=0Zu9v-kXmHU

Et qui lui a répondu.

C’est d’une importance vitale tous ces petits riens !

Sans mythes, sans contes, sans légendes, sans rêves, qui sommes-nous ?

Vincent a une langue pour appréhender tous cela, rêver et avoir peur, trembler pour le sort d’une princesse et sourire quand les méchants sont vaincus par le valeureux héros !

Les comédiens d’IVT, ses enseignants sourds, nous et d’autres lui racontons toutes ces histoires qui l’aident à grandir, à prendre sa place dans ce monde, dans la société des hommes.

Une langue, une culture, des mythes et des légendes, c’est aussi vital que l’air qu’on respire et que l’eau qui nous désaltère !

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 08:46

Charte de l'enfance sourde Aujourd'hui 24 novembre 2012, cela fait 300 ans que naissait charles Michel de l'épée

 

Ensemble, provoquons le changement!

 

Voir la vidéo sur ce lien :

http://www.youtube.com/watch?v=kJB_bsbAZKA&feature=youtu.be

 

IIl y a près de 300 ans, l’abbé de L’Epée a instauré une véritable éducation en langue des signes et nous a appris l’importance de constituer des groupes d’enfants Sourds pour la vitalité de la langue des signes et le développement de la langue de ces enfants. Il a été reconnu depuis internationalement comme le symbole de la naissance des Sourds.

Nous tenons à réaffirmer à l’occasion de la commémoration de sa naissance qu’un enfant sourd n’est handicapé ni de la parole ni de l’entendement, contrairement à ce que les « spécialistes » de la surdité affirment aujourd’hui !

Les enfants sourds entendent, avec leurs yeux, et s’expriment, parlent, avec leurs mains et cela avec autant de richesse et de facilité que le font les enfants entendant et s’exprimant dans une langue vocale. L’ensemble des associations et personnalités signataires de cette Charte affirment qu’une filière de soin par le son et totalement médicale porte atteinte de plus en plus gravement à la transmission de la LSF dans l’enfance Sourde.

Cela conduit à des désastres éducatifs et humains. La surdité n’est pas un problème de santé mais un problème de société. Nous constatons que seulement moins de 5% des enfants sourds scolarisés ont la LSF comme langue d’enseignement. La LSF est parfois présente dans les lieux d’éducation ou de rééducation mais le plus généralement de manière très réduite!

Nous saisissons dès maintenant toutes les instances habilitées à se prononcer sur cette situation ainsi que les divers médias et réseaux d’information afin de faire connaître les impasses qu’une telle organisation éducative produit en ce moment même.

Alors que la plupart des travaux, linguistiques, sociologiques et psychologiques, démontrent la nécessité pour l’enfant d’accéder le plus tôt possible à cette langue, la quasi totalité des enfants sourds ne peut toujours pas la rencontrer. L’orientation éducative actuelle a détruit les groupes d’enfants sourds en les plaçant seul en intégration dans leur école de quartier. Cela conduit à la fois à isoler ces enfants d’une relation enrichissante avec leurs pairs et à détruire par là même la vitalité de la LSF Or, si nous voulons que les enfants sourds accèdent au français écrit dans toute sa richesse littéraire, il est indispensable de constituer des groupes d’enfants signeurs parlant une LSF de grande qualité.

Ainsi, alors qu’a été très largement démontré combien la pratique précoce de la LSF favorisait le désir d’aller vers d’autres formes langagières orales ou écrites, nous assistons à la mise en œuvre de sa disparition effective. Au delà des discours, la législation actuelle en matière de « libre choix de communication » se révèle donc dans les faits inégalitaire et discriminatoire puisque ne mettant pas en place les véritables conditions d’accès à cette langue pour les familles et pour les enfants sourds eux-mêmes.

 

Nous refusons de nous taire devant une telle situation. Ceci concerne le processus d’humanisation, de socialisation de toute une génération d’enfants et nous interpelle tous au delà de la question de la surdité! La constitution de groupes d’enfants signants ainsi que la présence de professionnels sourds compétents auprès d’eux doivent être respectées et valorisées ainsi que l’ont déjà compris d’autres pays. En instituant cette dimension de groupe nous construisons effectivement le respect de la différence et non pas comme actuellement la mise en avant du déficit !

Pour que les enfants entendants puissent aussi apprendre cette langue, elle doit être vivante et donc parlée par des locuteurs signant réunis dans des groupes conséquents. Ceci permet de faire naître un nouveau regard sur ceux qui parlent autrement et qui par leurs différences langagières enrichissent tous ceux qui les rencontrent.

 

Nous en appelons donc à penser un véritable accueil de la différence et à construire une réelle éducation en langue des signes française au sein des dispositifs éducatifs de notre pays. Nous nous élevons contre une tentative infondée et injustifiée d’assimilation de la surdité à une maladie et des Sourds à des malades à soigner par le son et appelons les législateurs à ne pas céder à des lobbies impulsant ici indûment des perspectives sanitaires inappropriées.

 

Nous refusons la situation actuelle qui prive l’enfant sourd de la langue des signes vers laquelle il est attiré très précocement, langue qui lui est nécessaire pour prendre parole très tôt, s’instruire ainsi que tous les autres enfants et aller ensuite vers d’autres univers langagiers.

 

Nous demandons au plus vite :

Que des dispositifs de groupes conséquents d’enfants sourds bénéficiant d’un véritable enseignement en LSF se mettent réellement en place sur tout le territoire français.

Que tous les parents qui le souhaitent puissent recevoir gratuitement une formation en langue des signes française et que les enseignants Sourds bénéficient d’un véritable statut d’enseignant correspondant à leurs compétences.

Que des modalités d’accueil et d’éducation favorables aux langues signées et inspirées de ce qui existe déjà ailleurs s’inscrivent au plus vite dans le droit français.

Avec IVT, FNSF, APES, 2LPE et AFILS

1. Philippe Boyer (FNSF)

2. Emmanuelle Laborit (IVT)

3.Patrice Dalle (ANPES)

4. Hatice Asken (2LPE-BP)

5. Guylaine Paris (AFILS)

6. André Meynard (psychanalyste)

7. Catherine Vella (ANPES et 2LPE)

 

Chaque personne qui signe renforce notre mobilisation.

 

Merci de prendre une minute pour singer la pétition:

Charte de l’enfance sourde: http://www.avaaz.org/fr/petition/Charte_LSF_pour_les_enfants_sourds/


 

Ensemble, provoquons le changement!

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 11:09

lettre au président, M François Hollande, envoyée le 9 octobre 2012, à 13h10

 

Bonjour,
j'ai écouté votre discours ce matin , 9 octobre 2012,  je suis maman d'un enfant sourd de 5 ans qui communique en langue des signes et je m'inquiète des propositions présentées
- inclusion pour les enfants handicapés
- formation des AVS
Vous dites qu'il est important de mettre les enfants à l'école maternelle dès 2 ans pour qu'une bonne maitrise de la langue permette ensuite un meilleur apprentissage de la lecture  !
Et les enfants sourds ? Et la LSF dans tout cela ? En inclusion, quel bain de langue pour les enfants sourds isolés dans leur école de quartier avec personne avec qui communiquer de manière satisfaisante ?
Oui maitriser sa langue c'est se donner toutes les chances de réussir à lire et à apprendre le français écrit, alors donnez aussi cette chance aux enfants sourds en leur donnant toutes les chances de bien maitriser la LSF en maternelle, et en cycle 2 !
Et en leur offrant une école 100% accessible, avec 100% des heures d'enseignement en LSF !
Mon fils est dans une classe en LSF, à Champs sur Marne, ces classes existent depuis bientôt 30 ans, comme à Ramonville, près de Toulouse, les enfants y ont un accès total aux savoirs et peuvent entrer dans la lecture car les méthodes pratiquées leur sont adaptés !
j'aimerais que tous les enfants sourds de France dont les parents ont choisi la LSF comme langue de communication, aient cette même chance.
j'aimerais que la valeur de ce qui se pratique dans ces classes soit reconnue à sa juste place.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui où les inspecteurs de l’Éducation nationale veulent absolument isoler les enfants en inclusion dans leur école de quartier, les condamnant ainsi à la solitude, à l'isolement et à l'ignorance !
La France ne peut elle se donner les moyens de la réussite scolaire des enfants sourds ?
Devons-nous, encore et encore, perpétuer les erreurs du passé qui donnent un taux d'échec scolaire recors chez les enfants et les adultes sourds de ce pays ?
Une AVS, non, un enseignant maitrisant la langue des signes et transmettant son savoir par cette langue, voilà ce que j'ai comme ambition pour l'éducation de mon fils.
je refuse de le mener à l'échec scolaire et à l’illettrisme !
Pourquoi ne pas donner à la France cette même ambition, adapter les méthodes, former des enseignants sourds ou entendants et réussir à faire de la nouvelle génération d'enfants sourds de se pays, des lettrés, aux mêmes titres que leurs camarades qui entendent ?
Les USA, les pays du nord de l'Europe y sont parvenus, pourquoi pas nous ?
Voyez vous la LSF cela a servi à mon petit garçon de 5 ans à suivre ardemment les élections présidentielle et à comprendre beaucoup de choses à ce sujet, il a mis votre bulletin dans l'urne avec joie et fierté et au soir de votre victoire rêvait de vous rencontrer !
La LSF cela permet à mon fils d'apprendre à être un citoyen de ce pays !

Les enfants sourds de ce pays ont le droit au respect de ce qu'ils sont, dans leur vie quotidienne et dans leur éducation !

Merci de votre écoute Monsieur le président
avec tout mon respect
Catherine VELLA


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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 07:23

Suite à la surdité intellectuelle de la mairie de Montreuil face à ma demande d'accessibilité minimum du centre aéré où Vincent doit passer une grande partie des vacances scolaires,  Didier Donstetter,  Psychologue du Ssefis Laurent Clerc m'a honoré de ce courrier que je partage tant je le trouve pertinent, même si Vincent ne porte jamais ses appareils au centre aéré !

 

 

 

"Chère Madame Vella,

 

J’ai bien reçu votre courrier dans lequel vous me faites part des difficultés rencontrées par votre fils Vincent dans le cadre du centre de loisirs, difficultés d’autant plus préoccupantes que cela compromet votre mode de garde pour cet été. Évidemment le plus important est ce que vit Vincent.

Ce qui est intéressant c’est cette comparaison de votre fils avec des non-francophones ! Quel progrès depuis ces dernières années puisque cette façon de voir  indique qu’il s’agit d’une question de langue ce qui est tout à fait exact. Heureusement que le temps de l’exclusion systématique pour cause d’infériorité, intellectuelle par exemple, est révolu.

C’est vrai que Vincent n’est pas dans la même langue que les autres enfants mais par contre il convient de préciser le propos et d’aller jusqu’au bout de la logique : le problème n’est pas que Vincent ne soit pas francophone ou anglophone ou hispanophone etc.

Le problème n’est pas qu’il ne soit pas « franco », il est français de culture française, de langue française etc.

La question est bien plutôt, si vous me passer l’expression, qu’il n’est pas « phone ». Tous les autres partagent au moins cela que le monde sonore est pour eux signifiant. C’est tellement évident que l’on n’en a plus conscience, or, cela ne va pas de soi.

C’est cela bien-sûr la question, question peu connue et difficile à appréhender par le grand public pour la bonne raison que la surdité est invisible comme disait le sociologue Bernard Mottez.

Un enfant sourd tout seul cela ne se voit pas parce qu’il se fond dans la masse, passe inaperçu. Rien ne le distingue des autres si ce n’est éventuellement une prothèse auditive à condition qu’il en porte une de manière visible et qu’on ne la prenne pas pour une oreillette de téléphone !

Parmi les autres enfants, un observateur adulte ne pourra le distinguer qu’au bout d’un moment.

Un enfant qui est sourd, surtout dans le brouhaha général des groupes enfantins ou sa prothèse lui compliquera l’existence,  se calquera sur le comportement de ses camarades qu’il suivra avec un décalage imperceptible au début.

Pour cela il regardera ce qui se passe avec ses yeux et tentera de faire comme les autres.

C’est un travail bien difficile qui demande des efforts qui coupent l’enfant de l’ambiance générale et finissent par l’isoler.

Pourquoi ? Parce que concentré de manière focale sur quelque chose il ne peut regarder partout !

Grace à notre audition nous pouvons être attentifs à quelque chose que l’on ne regarde pas : quelqu’un qui parle à côté, les bruits et tout ce qui se passe dans le champ auditif qui est de 3600.  Le champ visuel lui est au mieux à 1800 c'est-à-dire la moitié ! Pour ceux qui y parviennent.

Dans ce contexte de groupe bruyant Vincent, par exemple ne se retournera pas forcément si on l’appelle de côté ou par derrière.

Au début, cela semble facile car il suffit de se fier à la tête de l’interlocuteur : s’il a l’air content ou mécontent. Après, les choses se compliquent parce qu’il faut aussi essayer de comprendre ce qui se passe un peu plus précisément. Mais comment faire ? Comment interroger, poser des questions, demander des précisions ? Dès que la moindre chose se produit très vite l’enfant n’est plus « dans le coup ». Alors il sourit gentiment à son interlocuteur médusé.

Tout un tas de petites différences qui lasseront vite l’entourage entendant qui très vite réduit son message en direction de l’enfant qui est sourd.

Le deuxième élément c’est que, de ce fait, l’interlocuteur entendant se trouve lui-même en situation de handicap (parce qu’il est perdu et ne sait pas comment faire pour se faire comprendre ni pour être sûr qu’il a été bien compris). Cela c’est que chose de difficile à vivre parce que les rôles se trouvent inversés.

La langue, ce n’est pas qu’un moyen technique, des codes qu’il suffirait d’apprendre comme un perroquet ou une machine, la langue, c’est le (un des) propre de l’homme avec le rire, la folie etc. Le génie humain parle, c’est comme ça, il parle tellement que quand il se trouve empêcher de le faire avec sa bouche il le fait avec ses mains.

 Les coordinations des mains et des doigts valent bien celles des muscles du larynx et des cordes vocales : dans les deux cas elles produisent une langue articulée.

Rien ne peut remplacer la langue des signes, c’est le seul moyen pour un enfant sourd profond, comme l’est Vincent, de partager le sens avec les autres car le son ne le lui permet pas.

Comme vous le savez les fréquences utilisée par les sons de la langue française, comme de toutes les langues humaines au monde sans exception !) se trouvent toutes dans la même zone que l’on appelle la zone conversationnelle, surtout les 1000hZ et 2000hZ là où Vincent est le plus sourd !

Et bien je vais vous donnez un exemple de ce qu’il entend.

Pour bien comprendre il faut prononcer à haute voix :

O   OUL MOU ON MO MOUR? Eh bien quand Vincent « entend »  cela il est sensé comprendre : « qu’est-ce qu’il vient de dire ? »

C’est en effet ce que donne cette phrase pour quelqu’un qui ne dispose que des fréquences graves ! Difficile de s’imaginer cela !

Je sais bien que Vincent porte une prothèse qui amplifie le son, cela fait simplement qu’il entend plus fort quelque chose qu’il ne peut pas comprendre naturellement. 

Alors la lassitude vient vite et il arrive que cela débouche sur de la violence envers cet enfant qui a l’air pareil et qui est si différent, étranger parmi les siensdisait B. mottez. Cela arrive très souvent « banalement » au quotidien. Bien plus souvent que l’on ne pense et bien sûr ce ne sont pas les enfants concernés qui viennent se plaindre. Comment le pourraient-ils ? si ce n’est en L.S.F. Alors ils souffrent.

Le seul moyen de partager du sens c’est d’utiliser la langue des signes. Cela est reconnu par voie réglementaire, dans la Loi du 11 février 2005 :  

« Art. L. 112-2-2 du code de l’éducation - Dans l'éducation et le parcours scolaire des jeunes sourds, la liberté de choix entre une communication bilingue, langue des signes et langue française, et une communication en langue française est de droit. Un décret en Conseil

d'Etat fixe, d'une part, les conditions d'exercice de ce choix pour les jeunes sourds et leurs familles, d'autre part, les dispositions à prendre par les établissements et services où est assurée l'éducation des jeunes sourds pour garantir l'application de ce choix. »

 

Mais comme on sait la réglementation n’est qu’un élément, il y a derrière des tas de questions dont celle de l’argent évidemment, mais aussi celle de l’échange et du dialogue qui aide souvent à faire avancer les choses.

 

Ne doutez-pas que je reste à votre disposition et que, si vous le souhaitez et que cela est envisageable, je peux développer ce propos de vive voix.

 

C’est pourquoi c’est bien volontiers que j’ai rédigé ce courrier à votre intention dans l’espoir d’être utile à mieux faire comprendre la situation de Vincent. À vrai dire, sans le savoir, vous m’avez replongé des années en arrière et c’est pourquoi je joins à cette lettre une autre lettre, qui parlait déjà de notre sujet d’aujourd’hui, avec, j’en suis certain, l’autorisation de son auteur.

 

 

Avec mes meilleures Salutations.

 

 

 

 

 

 

                                               Didier Donstetter

 

 

 

A propos de la Langue des Signes[1]          

 

"Les membres de 2LPE reçus au Ministère de la Santé (Coup d'oeil n° 24, § 3) se sont vus demandé pour appuyer leur dossier d'y joindre l'avis de quelques personnes faisant autorité dans le monde médical ou ailleurs.  Sollicitée, Madame le Docteur Françoise DOLTO, psychanalyste, a écrit sur le champ le texte ci-dessous que chacun pourra méditer.  Nous la remercions en effet de nous autoriser à le rendre public.  On en conviendra, il eut été dommage que seuls puissent en bénéficier les quelques fonctionnaires privilégiés auxquels il était destiné et ceux qui en cela servirent de messager".

Le problème majeur des enfants sourds nés de parents entendants, ou d'enfants devenus sourds très précocement avant l'âge de la motricité socialisée au milieu d'enfants et d'adultes ailleurs qu'en famille, ce problème majeur, c'est que la fonction symbolique continuellement en activité chez l'être humain à l'état de veille, n'a pas d'éléments sémiotiques pour s'alimenter.

L'enfant sourd est plus qu'aucun autre dépendant du corps à corps à sa mère et exclu des échanges signifiables concernant les pensées, les sentiments, les sensations internes, et tout ce qui, au delà du temps et de l'espace actuel relie les êtres pensants et parlants que sont les hommes.

Le langage gestuel, appelé la Langue des Signes avec ses codifications discriminatives est le seul accès que peut avoir l'enfant sourd à la symbolisation utilisable dans ses relations, à partir de sa relation privilégiée à sa mère, à son père et à ses familiers.

Elle est l'indispensable préparation au langage parlé et écrit qui pourra être enseigné après 3 ans au plus tôt;  mais il est "inhumain" au sens propre, au sens d'animalisant, de laisser un enfant n'utiliser que des signaux pour se faire comprendre, signaux qui s'arrêtent d'avoir sens dès que l'objet signifié par signal décodé par l'autre est suffisamment clair pour que l'enfant obtienne ou non ce qu'il voulait exprimer par ce signal.

La Langue des Signes est tout autre :

- elle alimente et suscite la fonction symbolique, elle permet à l'enfant de communiquer avec tous ceux qui ont connaissance des rudiments de cette langue, et encore plus avec ceux qui la parlent parfaitement.

Elle enrichit chez les entendants qui l'apprennent leur propre intelligence de toutes leurs relations à eux-mêmes et aux autres.  Un peu comme le font l'apprentissage du dessin, de la danse, de la musique instrumentale.  Un supplément symbolique de moyens d'expression, un supplément symbolique de réceptivité et d'expressivité dans nos relations aux autres.

Il est vrai que l'apprentissage du langage oral et écrit apporte aux sourds le moyen de communiquer avec tous les entendants;  mais si, dès la petite enfance, l'enfant n'a que ce repérage flou du sens par les mouvements des lèvres de mère et père pour recevoir d'eux des messages, il est d'une part soumis à l'inflation, la survalorisation du masque dans le visage, et de la bouche dans ce visage, d'autre part, les mains spécifiques de l'intelligence humaine ne peuvent prendre part à la communication "symbolique" à distance de l'immédiateté de la sensori-motricité palpante et industrieuse.  Parler par l'intermédiaire des choses n'est pas la même  chose que - par un code gestuel - parler d'elles, les signifier, et partager avec autrui les articulations de la vie imaginaire dont le dire concernant le monde des choses, à distance d'elles, permet d'enrichir  par métaphores et métonymies, l'intelligence du monde et des êtres qui nous entourent.

La Langue des Signes dûment codée et enseignée aux parents des enfants sourds, en même temps qu'à lui, dès le berceau est le garant de l'assurance et de la sécurité de l'enfant dans son identité, le garant de sa puissance émettrice et réceptrice de langage;  c'est la vitalité entretenue avec et pour les autres de sa fonction symbolique et de sa fonction imaginaire tissée à elle;  c'est le tremplin de l'apprentissage du langage oral et la meilleure des préventions contre la névrose de dépendance à la mère et aux familiers (qui peut aller jusqu'à un ressenti fusionnel à eux constamment menacé par le monde qui fait des sourds des ségrégués, des retardés affectifs, des persécutés latents parfois toute la vie).

Le chevauchement, un temps médiateur plus ou moins long, de la langue des signes avec l'apprentissage de la langue orale puis écrite avec sa grammaire différente[2], est ensuite la période préscolaire et scolaire.  Celle-ci n'est plus alors traumatique avec les replis sur soi et la violence des corps à corps qui sont le lot des enfants en âge de profiter des enseignements spécialisés.

Voici à mon avis tout ce qui plaide pour l'apprentissage précoce de la langue des signes et aussi pour la conservation de cette langue pour les sourds alors qu'ils sont initiés à la compréhension et à l'émission de la langue orale, laquelle les introduit à la culture par l'écriture et la lecture de la langue orale.

  Je pense aussi que cette deuxième langue, la langue des signes, enseignée aux enfants entendants, serait pour beaucoup d'enfants psittaciques et dont le langage verbal pauvre ne s'articule plus à la richesse de leur vie imaginative inconsciente, je pense que l'apprentissage de cette deuxième langue aux enfants d'âge scolaire servirait à beaucoup et permettrait aux enfants sourds et entendants de trouver dans leur fréquentation un enrichissement réciproque.

C'est avec plaisir, chère Madame MARTENOT que j'ai rédigé ces quelques pages, en espérant que mon témoignage soutiendra votre démarche auprès des instances officielles.

F. DOLTO

3 Mars 1981

 

 



[1] Lettre  de F. DOLTO à D. MARTENOT parue dans Coup d'Oeil n° 27, Mars-Avril 1981, p. 1-3;  également parue dans Rééducation Orthophonique, Vol. 19, juin 1981, n° 119, p. 263-265.

[2] Note de la p.13- sa grammaire différente

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 04:41

 

Un enfant sourd c’est un enfant normal qui n’entend pas, évident direz-vous mais pas tant que cela.

 

Les lobbies médicaux et prothétiques  vendent aux médias, aux parents et à l’opinion publique leur matériel comme des panacées alors qu’ils ne sont certains de rien et qu'ils ne considèrent que l'oreille des enfants sourds pas la totalité de son être, de ce qu'il est. ils ne pensent u'à ce qu'il n'est pas !

 

Quel message vous ont-ils envoyé via articles de journaux et publicité ? La surdité peut se réparer, et on doit la réparer à tout prix !

Mais, un enfant sourd est sourd pour toute sa vie, et en quoi cela vous gène-t-il ?

 

Un enfant sourd c’est un enfant normal qui n’entend pas ; Son cerveau n’a aucun problème, il réfléchit et pense comme tous les enfants de son âge. Il se pose les mêmes questions, il a les mêmes curiosités, Il ressent les mêmes émotions et grandit comme tous les autres enfants de son âge

 

Cela veut dire que tout ce qui se passe autour de lui il peut le comprendre avec ses yeux.

Ces yeux captent tout, sont à l’affut de la moindre information.

Vos visages, vos expressions, votre manière de bouger avec votre corps, tout pour lui est source d’information.

Est-ce d’être ainsi observé qui vous gêne tant ?

 

Un enfant sourd montre du doigt, hé oui, il n’est pas mal élevé, il s’exprime avec son corps

 

Un enfant sourd va vous tapoter l’épaule, il n’est pas violent, il vous appelle.

 

Lorsque l’enfant sourd est élevé dans une langue qui lui permet très tôt de s’exprimer, il se développe tout à fait normalement et acquière les mêmes compétences que ses camarades du même âge qui entendent.

 

Mais sans langue de communication qu’il peut pratiquer, c’est l’isolement et la solitude.

Les copains : il peut jouer avec eux sans parole bien sûr mais avez-vous remarqué comme très tôt les enfants organisent des jeux en se parlant pour inventer ensemble les règles et les histoires.

Alors les enfants qui entendent peuvent jouer avec un enfant sourd mais pour cela ils ont besoin qu’on leur donne quelques mots et quelques pistes pour comprendre.

Sans langue et sans copains avec qui communiquer, la journée de l’enfant sourd est une suite de moments inquiétants dont il ne comprend que peu de chose et où il ne peut rien exprimer, l’angoisse monte, comme il est intelligent, il complète ce qu’il voit par ses propres raisonnements mais essayez, coupez le son d’un film et vous aurez vite compris que vous avez très mal compris l’intrigue ! ! !

En fin de journée, l’enfant est stressé et fatigué ! Il se met en colère, il pique des crises, il n’est pas caractériel et n’a aucun handicap associé, il est juste épuisé et frustré !

 

Et l’enfant sourd en LSF depuis sa naissance grandit, en harmonie avec lui-même, pose des questions sur le monde, apprend et acquière de multiples compétences.

Pourquoi avoir peur de lui ou d’elle, il est comme vous, juste son mode de communication est différent.

Il est très curieux du monde, Aurelie, 20 ans part 3 mois en Inde, seule, sac au dos, pour rencontrer les gens de ce pays, puis en Afrique. Soraya, elle a choisi le Japon.

Qu’est ce qui diffère entre ces deux jeunes filles et vos enfants de 20 ans qui entendent ?

 

Je vous demande d’accepter les sourd comme des être entier, avec leurs compétences qui peuvent être égales ou supérieures aux vôtres, n’en prenez pas ombrage !

Avec leurs défauts aussi, humains, rien que des être humains !

 

Je vous demande de regarder la langue des signes comme une vraie langue, avec tout ce que cela comporte de richesse et de complexité.

 

Je vous demande d’essayer de ne pas participer à la discrimination, un sourd, même appareillé, a besoin que vous le regardiez quand vous lui parler, que vous exprimiez aussi avec votre corps et votre  visage vos émotions.

 

Un petit effort face a des gens, les sourds enfants et adultes, qui en font beaucoup, un petit pas qui permettrait qu’ils deviennent enfin des citoyens dans un pays où la démocratie les a oublié depuis longtemps, où liberté, égalité et fraternité n’ont jamais rien voulu dire dans leurs vies !

 

Pendant 5 minutes, mettez vous à leur place, pensez le monde sans vos oreilles, cherchez les sous-titres dans les films, à la télé, les informations visuelles dans les administrations, etc . . .

Les médias les oublient parce qu’ils ne parlent pas, joli paradoxe ! ! !

Ne faites pas comme eux !

Un enfant sourd a besoin d’une éducation de qualité, il a besoin que nous, les adultes, nous ayons des ambitions pour lui, il a besoin d'une scolarit qu’il puisse suivre dans le confort, sinon, impossible de se concentrer et d’apprendre !

Un adulte sourd a juste besoin d’être un individu respecté ! Il a juste besoin que les droits de l'homme et du citoyen ce soit aussi pour lui !
Est ce si difficile pour lui de reconnaitre ses nombreuses compétences sans discrimination ?

 

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Published by catherine Vella - dans notre histoire
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:51

Nous sommes les parents d’un petit garçon de 3 ans sourd profond, Vincent.
Ce courrier a pour but d’alerter sur la situation de la scolarisation des enfants sourds.

D’après l'OMS, "l'enfant hypo-acousique est celui dont l'acuité auditive est insuffisante pour lui permettre d'apprendre la langue du pays où il vit, de participer aux activités normales de son âge et de suivre avec profit l'enseignement scolaire général". La surdité du jeune enfant est une anomalie fréquente : 1 pour 1000 naissances dans une famille sans antécédent et 15 pour 1000 naissances chez les enfants à haut risque.

Autant dire que sur un département aussi peuplé que la Seine-Saint-Denis, les enfants sourds sont nombreux.

Dans ces enfants il faut distinguer les différents degrés de surdité car ils influent sur les choix éducatifs et l’accès à l’éducation des enfants

Un enfant avec une surdité moyenne, légère et même sévère, aura, la plupart du temps de bon résultats avec une aide prothétique et le bon déroulement de sa scolarité dépendra d’aide ponctuelle, notamment pour l’apprentissage de la lecture qui est, dans notre pays, phonologique.

Les enfants sourds profonds sont dans l’impossibilité d’accéder à la lecture sans programmes adaptés.

Les enfants implantés, à qui ont a implanté un substitut de cochlée, pourront parfois rejoindre la catégorie des enfants de surdité moyenne ou légère, (entre 30 et 40% des cas selon les sources) mais pour les autres l’implants ne leur permet pas d’accéder au langage et même à une audition suffisamment correcte pour suivre normalement l’apprentissage de la lecture. En revanche les implants semblent excellent pour les enfants ou les adultes devenus sourds.

Actuellement il existe en France 4 modes de scolarisation des enfants sourds :

-         En intégration avec les enfants entendants dans les écoles de quartier, une orthophoniste intervient parfois pendant le temps scolaire, l’enfant est accompagné d’une AVS qui dans la grande majorité des cas ne connait rien à la surdité ni à la Langue des Signes, ni même au codage LPC pour les enfants qui lisent sur les lèvres et ont besoin d’informations complémentaires données par ce codage du Français. (Le code LPC est un codage manuel des sons de la langue française. Les mouvements codés de la main sont associés à la parole. La main près du visage accompagne, syllabe par syllabe tout ce qui est dit.)

-         Des écoles de regroupement, écoles de quartier où sont scolarisés plusieurs enfants sourds qui suivent un programme en Français oral.

-         Dans des instituts médicaux spécialisés où les enfants sont en petit groupe, il en existe aucun dans le 93 et 3 principaux à Paris (Paris 5, 15 ou 17, soit au mieux à 1 h de transport matin et soir pour les enfants du 93). Ces centres reçoivent beaucoup d’enfants du 93. Les enfants y sont rééduqués et suivent un programme scolaire assez proche de celui de l’éducation nationale.

-         Une école bilingue pour toute l’île de France, Langue des Signes / Français écrit, à Champs sur Marne . . .

La situation des enfants dit en intégration dans le 93 est assez dramatique,

Lors de l’annonce de la surdité vous êtes dirigé sur l’un des trois centres, SSEFIS de Delthil à Saint Denis / CAMSP Espoir 93 à Noisy le Sec ou CRESN à Noisy le Grand, selon le choix des parents.

Pour la scolarité, quatre classes de regroupement existent dans le 93, où interviennent les personnels des centres cités plus haut, les enfants y sont scolarisés dans un projet uniquement oralisant, c'est-à-dire avec des cours normaux, la présence d’orthophonistes et d’une codeuse LPC. Donc rien pour ceux qui ne peuvent pas oraliser et dont la surdité est trop profonde ou l’audition insuffisante pour comprendre le français oral.
Les enfants qui sont dans les classes en intégration ne peuvent bénéficier de la présence des personnels des 3 centres médico-sociaux déjà surchargés par le suivi des enfants en crèche (crèche Hélène Keller de Noisy le Sec), dans les centres et au sein des établissements de regroupement.

Le résultat de cette intégration en tout cas dans les écoles maternelle du 93 :
Des enfants sourds, appareillés ou implantés seuls dans les classe avec des enseignants qui ne connaissent pas du tout la LSF ou le LPC, plus ou moins motivés mais qui s'occupent aussi de 26 ou 27 autres enfants avec au mieux une dame de service et une AVS mais personne pour communiquer avec l'enfant sourd,
Des services spécialisés débordés qui n'interviennent parfois qu'une fois tous les 15 jours dans l'école pour 1h (c’est le cas de Vincent) faute de personnel disponible.

Donc l'enfant va tout les matins à l'école où il est confronté aux longs moments de langage du programme desquels il est exclu, même s'il participe aux autres activités et a un niveau intellectuel largement égal à celui de ses camarades, c'est un apprentissage un peu violent de sa différence où, le mien en tout cas, est en détresse.
On lui propose une pratique de la LSF 1 heure pas semaine dans le centre qui le suit et 3 ou 4 heures d'orthophonie, autant dire que cela le met en échec assez rapidement, et cela représente un gâchis terrifiant.

La première année de maternelle est une année de socialisation, Vincent est actuellement sans aide de langage, sans aide de communication et vit des moments d’exclusion dans sa classe avec ses pairs et donc de désocialisation. Son besoin actuel, comme celui des autres enfants sourds, est la possibilité de communiquer, d’appendre, de comprendre ce qui se passe autour d’eux. L’isolement actuel ne peut procurer que des angoisses et des retards dans les apprentissages et comme je l’ai déjà dit un énorme gâchis.

Pour les plus grands, l’apprentissage de la lecture est extrêmement compliqué sans aucune aide, traductrice, codeuse ou autre.

La maîtresse de notre fils s’était inscrite en juin dernier à un stage de sensibilisation à la surdité, ce stage, annuellement organisé par le rectorat, et également prévu pour tous les enseignants du 93 qui en avaient fait la demande, devait avoir lieu du 7 au 11 décembre. Le rectorat l’a annulé faute de remplaçants pour les enseignants inscrits à ce stage.

Donc les enfants sourds « intégrés » sont seuls avec l’enseignante et les 26 autres élèves de la classe, parfois une AVS est là mais ne peut qu’aider les enfants à mettre et enlever leurs manteaux ou leurs chaussures. Ceux qui entendent mal ou presque pas ne bénéficient d’aucune aide et ne développent aucun mode de communication à l’école qui devient un lieu de jeu où ils doivent juste rester sages pendant les moments de langage ou lorsque la maîtresse lit des histoires.
Or il existe depuis 5 ans une loi sur la scolarisation des enfants handicapés, complétée par des décrets dont le plus récent date d'avril 2009

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020480797&dateTexte=&categorieLien=id

Extrait du site
http://www.education.gouv.fr/cid207/la-scolarisation-des-eleves-handicapes.html

« La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées renforce les actions en faveur de la scolarisation des élèves handicapés. Elle affirme le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, à un parcours scolaire continu et adapté. Les parents sont de plus étroitement associés à la décision d'orientation de leur enfant et à la définition de son projet personnalisé de scolarisation (P.P.S.).
Dispositifs de scolarisation
Dès l'âge de 3 ans, si leur famille en fait la demande, les enfants handicapés peuvent être scolarisés à l'école maternelle. Chaque école a vocation à accueillir les enfants relevant de son secteur de recrutement. Pour répondre aux besoins particuliers des élèves handicapés, un projet personnalisé de scolarisation organise la scolarité de l'élève, assorti des mesures d'accompagnement décidées par la Commission des droits et de l'autonomie (C.D.A.). La scolarisation peut être individuelle ou collective, en milieu ordinaire ou en établissement médico-social.
Scolarisation individuelle
Les conditions de la scolarisation individuelle d'un élève handicapé dans une école élémentaire ou dans un établissement scolaire du second degré varient selon la nature et la gravité du handicap.
Selon les situations, la scolarisation peut se dérouler soit :
* sans aucune aide particulière,
* faire l'objet d'aménagements lorsque les besoins de l'élève l'exigent.
Le recours à l'accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire et à des matériels pédagogiques adaptés concourent à rendre possible l'accomplissement de la scolarité. »

Nos questions sont simples :
Quand cette loi qui va bientôt avoir 5 ans pourra-t-elle s’appliquer réellement ?
Quand l’Etat donnera-t-il les moyens de ces actions éducatives pour les enfants ?

Quand les services de santé et de l’éducation travailleront ils ensemble réellement dans le sens de l’intérêt des enfants ?

Ces enfants ont besoin avant tout, et très rapidement d’une langue pour communiquer et pour apprendre, la LSF* (langue des signes françaises) ou l'aide du LPC (langue parlée complétée); comme les autres enfants de leur âge ils ont besoin d’apprendre le Français écrit et de développer l'oral selon leurs capacités et à leur rythme.

* D’après le dictionnaire : Une langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus. La langue des signes est donc une vraie langue, riche et vivante. Nous avons fait ce choix pour Vincent qui n’a pas accès à l’oralisation.

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