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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 20:05

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La journée sent l’été, c’est le mois de juin, le soleil descend doucement vers l’horizon.

Vincent a 7 ans, il est grand, fini le CP, en septembre il rentrera en CE1, déjà !

Il y a un an nous étions si inquiets, nous avions reçu une notification de la MPDPH pour une école de Bobigny. La classe LSF / français écrit n’était pas encore ouverte, nous partions à l’aventure, difficile pour une classe aussi importante que celle du CP !

Et l’année s’est déroulée comme un rêve, dans une classe avec une enseignante qui maitrise parfaitement la LSF, mais qui est aussi une fine pédagogue et permet aux enfants d’accéder à leur seconde langue, le français écrit.

Vincent si réticent en maternelle à Champs sur Marne pour l’écrit, est entré dans la lecture et dans l’écriture avec facilité à Bobigny.

Dans cette école, les professionnels sourds présents participent à la qualité de l’enseignement et du bien être des enfants sourds, ces modèles référents exigeants tirent les enfants vers le haut.

Mais ce qui a été encore plus remarquable c’est l’école dans son ensemble, la LSF fait partie de l’école pour les entendants aussi. Les enseignants, la directrice, les enfants, tout le monde considère la LSF comme une véritable langue et les enfants sourds comme des enfants qui ont juste une autre langue que la leur. Tout le monde l’apprend.

Cela a donné une scène extraordinaire à la fête de l’école.

Le nouveau maire de la ville discute avec nous, les parents sourds et entendants.

Soudain, une petite fille s’approche avec un petit garçon dans les bras et signe à la maman,

-         « il pleure, il est tombé, il s’est fait mal »,

Le maire rétorque

-         « Ah c’est une élève de la classe LSF ! »

Et la petite fille de lui répondreà l'oral

-         « non non, j’entend moi »

Le maire a été interloqué et a fait remarquer à son adjoint que dans cette école, pas de handicap, juste des enfants qui jouent côte à côte dans le respect mutuel !

Dans cette école les 4 professionnels sourds et les 2 entendants qui signent parfaitement qui y travaillent ont permis à Vincent de passer une année formidable !

Alors je trouve que ce soleil de juin est magnifique !

D'autant que le mercredi, l’atelier théâtre d’IVT à permis aussi à Vincent de s’épanouir, d’améliorer son expression signé et corporelle.

Je ne sais pas de quoi sera fait l’année prochaine mais celle qui s’achève nous a apporté une belle paix intérieure !

Cette école de Bobigny qui ressemble à un grand paquebot coloré est comme une bulle d’oxygène.

Alors vigilance pour que cette merveilleuse expérience dure longtemps !

Ce que cela prouve c’est que c’est possible si les adultes responsables sont motivés et ouverts.

Avec des professionnels maitrisant réellement la LSF, qu’ils soient sourds ou entendants, et d’autres qui respectent la LSF, même s’ils ne la maitrisent pas et apprennent ce respect à leurs élèves, les enfants sourds et entendants vivent très bien ensemble.

 

 

 

 

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 20:28

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Savez-vous que la surdité n'est pas une maladie et que les sourds ne sont pas des malades ? Ils sont juste sourds.

 

Savez-vous que 95% des enfants sourds naissent dans des familles entendantes avec aucun antécédent de surdité autre que celui lié au grand âge ?

 

Savez-vous que 95% des sourds ont des enfants entendants ?

 

Savez-vous que la Langue des signes a été interdite en France dans l’éducation familiale et scolaire des enfants sourds de 1880 jusqu’en 1991 (Loi Fabius) ?

 

Savez-vous qu’on attachait les mains des enfants sourds dans les classes durant ces 100 ans pour qu’ils ne signent pas ?

 

Savez-vous que les enfants sourds n’ont le droit d’avoir une scolarisation en LSF que depuis 2005 ?

 

Savez-vous qu’en France la plupart des enfants sourds vivent une journée d’école dans une langue qu’ils comprennent peu et mal et donc le contenu des programmes de l’éducation nationale ne leur est pas accessible. ?

 

Savez-vous que seulement 5% des enfants sourds reçoivent un enseignement en LSF, alors que 40ù des familles ont fait le choix de la LSF pour l’éducation et la scolarisation de leurs enfants ?

Depuis la loi de 2005, et réaffirmé dans la loi refondons l’école de la république, les parents d’enfants sourds ont le choix de communication de leur enfant :

 La loi du 11 février 2005 garantit aux parents de jeunes sourds une liberté de choix entre une communication bilingue - langue des signes française et langue française écrite - et une communication en langue française aidée ou non du LPC (code) 

 

Savez-vous qu’en France il n’existe que 13 classes où toute la journée, tout l’enseignement est fait en LSF ? L’une d’elle est à Bobigny à l’école Georges VALBON.

 

Savez-vous que la plupart des parents qui choisissent une éducation bilingue pour leur enfant sourds (LSF/français écrit) sont obligés de déménager pour que leur enfant ait une scolarisation dans sa langue ?

 

Savez-vous qu’avec la LSF on peut tout apprendre et faire des études supérieures ?

 

Savez-vous qu’un enfant qui a accès à la LSF grandit avec le même niveau de compréhension et d’expression que les enfants entendants de son âge ?

 

Savez-vous qu’aux USA des sourds sont médecins ou avocats ?

 

Savez-vous qu’en France, les métiers qu’on propose aux enfants sourds dans les établissements spécialisés sont toujours les mêmes, jardinier, ébénistes, comptables ou infographiste ?

 

Savez-vous que les sourds ont une culture riche et une langue magnifique?

 

Savez-vous que beaucoup de films français ne sont pas accessibles aux sourds car ils ne sont pas sous-titrés ?

 

Savez-vous que les informations télévisées sont peu accessibles, les informations régionales n’ont pas de sous-titrées ?

 

Savez-vous qu’à cause des difficultés de communication, les sourds sont mal ou peu soignés ?

 

Savez-vous qu’à cause de la barrière de la langue, les loisirs sont peu accessibles aux sourds de tous les âges ?

 

Mais savez-vous que les sourds sont des citoyens comme les autres, et qu’ils votent ?

Savez-vous que pour que l’accessibilité d’un débat, d’une réunion ou d’une conférence soit totale pour les sourds, il faut des interprètes et de la vélotypie ?

 

Merci de mieux regarder autour de vous !

Merci de faire un pas vers les sourds, un effort pour les entendre parce que eux en font tous les jours pour se mettre à votre portée !

 


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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 13:44

Ce matin, une jeune femme nous a demandé

"Finalement, pourquoi ne "voulez"-vous pas l’implant pour Vincent ?"

Comme c’est une question qu’on nous pose très souvent, nous avons fait une réponse écrite, la voilà :

Mon mari a tout de suite refusé l'implant pour une raison que je dirais philosophique :

L’implant est une intrusion non vitale dans le corps de son fils, d’un individu autre que lui-même. Cette intrusion est irréversible ou presque, et donc pour ne pas violer l’intégrité de Vincent, c'est une décision que Vincent prendra seul s’il le souhaite quand il sera plus grand.

Mon mari dit qu’il respecte trop l’individu et son libre choix à disposer de lui-même pour prendre une telle décision pour son enfant.

Pour moi, l’important n’était pas que mon fils soit un sous-entendant, devenu dépendant de techniques et de médecins pour se maintenir dans son sous-état mais qu’il se développe socialement et intellectuellement harmonieusement et le mieux possible. Il est sourd, et alors ? Il a le droit d’être autre mais pas un sous quelque chose, non. Le droit d’être un être à part entière, debout, fier de ce qu’il est, sans honte.

En outre, la langue des signes lui permet de s’exprimer spontanément, librement et très naturellement, et d’avoir un accès au savoir et aux apprentissages, comme tous les enfants de son âge.

Ensuite, lui-même refuse d’oraliser, et même de porter ses appareils, nous respectons entièrement ce choix.

Il a des amis sourds et entendants, il est vif, curieux et intelligent, très sociable et équilibré, donc nous assumons parfaitement notre décision.

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 22:12

Commencer une grossesse quand on a 43 ans, c’est un chemin rempli de contrôle, d’examen, où on découvre plus d’angoisse qu’autre chose.

Examens de sang, d’urine et écographie.se succèdent, et tout de suite on m’a expliqué les risques de trisomie 21 : « nous vous conseillons vivement de faire le test car vous pourrez ainsi envisager une interruption de grossesse », m’a dit avec un gentil sourire mon gynécologue.

Ces mots n’ont l’air de rien, ils sont si simples et si bienveillants !

Au départ je ne voulais pas, et puis les conseils réitérés ont fini par me convaincre.

Je n’oublierais jamais ce jour de début de printemps, j’attendais le bus pour aller faire cette fameuse amniocentèse, dans la file d’attente, une maman âgée et son fils porteur de ce fameux gène supplémentaire.

Mes pensées ce bousculaient alors, mais j’avais du mal à trouver ce dépistage si essentiel, sans savoir mettre des mots clairs sur les sentiments qui m’envahissaient alors, mais quelque chose me dérangeait profondément !

Arrivée à la maternité, la douceur et la gentillesse de l’équipe m’ont rassuré.et m’ont fait, pour un temps, oublier mes doutes.

Ensuite 6 semaines d’attente, de plus en plus lourdes et le bébé qui commençait à bouger, à me donner toutes les preuves de son envie de vivre, nos liens se renfonçaient au fil des jours !.

J’avoue m’être demandé alors comment j’allais affronter l’opinion de mon entourage si ce petit être auquel j’étais déjà profondément attaché était porteur de cette différence jugée inacceptable par le corps médical !

Fin du mois de mai 2006, nous partons avec mon mari, en amoureux, pour notre voyage de noce à Malte.

Pour la première fois je pose le pied sur la terre de mes ancêtres.

Semaine d’émotion, et sur l’île de Gozzo, près de la grotte de calypso, la maternité m’appelle :

« Tous va bien madame, votre petit garçon est normal, pas de problème, vous pouvez poursuivre tranquillement votre grossesse » …

Ouf, pas de choix à faire, pas de jugement à affronter, juste le bonheur d’attendre un petit Vincent que tous les maltais appelaient déjà Vincent Vella, malgré la présence de son père qui ne s’appelle pas du tout Vella …

« Tenez madame, c’est une bonne nouvelle, n’est-ce pas ? » me dit le médecin quelques semaines après, en me remettant avec un grand sourire le caryotype de Vincent premi-re-photo-de-Vincent.jpg

Sans doute a-t-il été étonné de mon manque de réaction, mais quel sens a donc ce document ?

Un peu plus de 7 ans après, je regarde toujours ce papier avec autant de consternation !

Dépister …

Cet alignement de barres que dit-il ? Explique-il que Vincent est un petit soleil, lumineux et souriant depuis sa naissance et qu’il fait notre bonheur ?

Dit-il que sa grand-mère va mourir d’un cancer alors qu’il n’a que 3 ans et que même 4 ans après elle lui manque encore ?

Tous ces dépistages, avant, après la naissance qui a réellement réfléchi au pourquoi de ces dépistages ?

Pour sauver les bébés de maladies graves ou pour  fabriquer un monde parfait ? Certains se rêvent en héros de l’humanité qui vont tout réparer tout remettre en ordre, mais de quel ordre parlent il ? De quel monde rêvent ils ?

Comme un pied de nez au destin, Vincent n’a pas de gêne supplémentaire bien visible, mais il est sourd, et depuis 4 ans, depuis que je sais qu’il est sourd, je remercie l’univers tout entier que cette image ne montre pas la surdité !

  Si cela avait été le cas, qu’auriez-vous dit ? « Madame, la vie d’un enfant sourd ne vaut pas la peine, mieux vaut avorter », comme vous le dites si facilement pour d’autres différences ?

J’aime le monde tel qu’il est, riche et varié, un monde avec des sourds. Est-ce si difficile à comprendre ?

Je ne suis qu’une petite fourmi au sein d’un univers immense, et ceux qui rêvent du « meilleur des mondes » ne sont aussi que des petites fourmis éphémères ! Mesurez-vous, vous qui voulez un monde selon votre rêve de perfection, que vous n’êtes que des grains de poussières, que dame nature peut balayer d’un souffle ? Et l'ordre, la perfection qui vous anime tant, qui en a établi les critères ?

Pourquoi voulez-vous à tout prix dépister le plus tôt possible des choses qui ne présentent aucun risque vital ? Pour calmer vos peurs ? Pour éradiquer de la surface de notre petite planète ce que vous nommez parfois comme des « erreurs de la nature » ? Vous rêvez d'un univers monochrome et moi je le veux multicolore, difficile de nous comprendre !

Alors ce caryotype, je le regarde en souriant, comme un trait d’humour de la vie.

Aujourd'hui les gouvernements déploient mille prétextes pour dépister  la surdité au plus tôt, pourquoi ?

Si c'était réellement pour permettre aux familles d'entrer le plus tôt possible en communication langagière avec leur enfant, le budget serait prioritairement consacré à l'information et à la formation des parents, or c'est le contraire, alors pourquoi ???

J’aime la science médicale qui a sauvé la vie de Vincent en réparant son problème cardiaque, mais comme pour tout pouvoir, celui des médecins peut dépasser la limite, et abuser d’un pouvoir quel qu’il soit c’est tomber dans l’HYBRIS grecque, dans la démesure coupable !

Sauver la vie d’enfants, oui, mais dépister sans discernement, non

Gardons un monde multiple, multicolore, riche de sa diversité et peut être que cette société peut essayer d'apprendre à respecter les différences ?

Cet été à Douarnenez, j’ai découvert les abus de pouvoir des médecins face aux bébés intesexes, ces bébés nés ni fille ni garçon qui dérangent tellement notre société d'ordre établi, ces bébés qu’ON mutile au nom de leur bien être juste parce qu’ON n’accepte que 2 genres, masculin et féminin, et leurs parents perdus que les médecins poussent à faire leur malheur et celui de leur enfant de manière irréversible.

Découvrir le génome humain a sans doute été une bonne chose, jouer aux apprentis sorcier n’en est pas une !

Quand on passe une semaine ou quelques jours dans ces bulles de vie, comme aux universités d'été de 2LPE, au festival Clin d’œil à Reims ou au festival de Douarnenez, on en ressort grandi.

Alors, jusqu’au bout de mes forces je me battrais pour une société plurielle et respectueuse des différences, n’en doutez pas !

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 08:45

Vincent a fait son entrée « à la grande école » … en élémentaire.

Dans une classe LSF qui vient d’ouvrir dans une école toute neuve de Bobigny (93).

Dans cette classe en langue des signes il y a des enseignants qui signent très bien, entendante et sourde, et des enfants de CP.

Hier, on a couvert ensemble son livre et ses cahiers, on a révisé sa page de lecture, tous les deux nous avons travaillé sur la différence entre les 2 langues, on a regardé les mots et puis on a signé la phrase et ensuite on a regardé comment c’était écrit en français.

Pas de barrière de langue à l’école, tout se fait dans sa langue première, la LSF, dans un confort d’apprentissage classique.

Il découvre une deuxième langue, le français écrit, cette découverte se fait par la LSF, tranquillement.

Pour le sport et l’art plastique avec les autres enfants sourds de sa classe, il partage les activités de la classe de CP des enfants qui entendent.

Il trouve que c’est dur de travailler, que la maternelle c’était bien,

Bref, la vie d’un écolier et de sa maman !

Alors pourquoi ce texte si banal en fait ?

Combien d’enfants sourds ont la chance de Vincent ?

Combien ont la chance d’avoir une vie d’écolier tout ce qu’il y a de plus ordinaire.

La chance d’avoir accès à 100% de la parole du professeur parce que l’enseignement est donné dans une langue que l’enfant comprend totalement ?

La chance d’aborder le français par le biais d’une langue qu’ils maitrisent parfaitement 

La chance d’avoir des enseignants qui sont de bon locuteur de la LSF

La chance de ne pas être seul enfant sourd, noyé dans une classe d’enfants qui entendent.

La chance d’être juste regardé comme un élève de CP.

La chance de ne pas être considéré comme un enfant malade à réparer, à corriger, entre les mains d’ortho de psycho et autres spécialistes qui perturbent sa journée scolaire.

Alors cette journée d’écolier ordinaire, concentré sur son travail scolaire, sur ses apprentissages, qui peut jouer et échanger avec des camarades dans le confort d’une langue commune, et s’adresser facilement à son professeur, pour un enfant sourd c’est très loin d’être banal ! C’est même une énorme chance donnée à très peu d’enfants !

Beaucoup, la grande majorité des enfants sourds n’ont pas cette chance, leur vie d’écolier est solitaire et dans une communication bancale, partielle, ou ressemble plus à de la rééducation qu’à de l’éducation !

Alors je savoure des moments tout simples comme travailler quelques phrases de lecture ou l’écouter se plaindre de la difficile condition d’un élève de CP.

Et, en ce temps de rentrée des classes, je pense très fort à tous ceux qui n’ont pas sa chance !

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 18:21

 

Voilà 4 histoires totalement vraies qui nous sont arrivées il y a peu de temps

 

1)

Scène de bus

Vincent et moi, nous sommes assis dans un bus et nous signons, il me raconte sa journée.

En face, un couple,

Au bout de quelques instants la dame dit à son mari,

« Le pauvre, regarde, il ne parle pas, c’est normal avec une maman sourde … »

Une fois que Vincent a eu fini de me raconter sa journée, je me suis tournée vers la dame pour lui dire :

« Ce n’est pas moi qui suis sourde, c’est lui … »

Consternation !

 

2)

Scène de restaurant

Nous sommes tous les trois dans un restaurant en Espagne, il y a peu de place, juste à côté de nous s’installe une tablée de retraité français.

Nous discutons entre nous, en LSF, bien sûr, tout d’un coup, l’une des femmes d’à côté dit en nous regardant :

« Vous savez, maintenant on les éduque ces gens là »

Quelques minutes se passent, nous continuons à signer entre nous, la serveuse arrive et avec un plaisir énorme je lui demande de l’eau à voix haute et mon mari lui demande du pain !

Les 4 convives d’à côté ont plongé leurs regards dans leurs assiettes, et n’ont plus dit un mot jusqu’à ce que nous partions ! Grand moment de solitude !

 

3)

Scène de RER

Un vendredi, Vincent et moi, nous sommes dans un RER, en face un couple.

Vincent commente ce qu’il voit par la fenêtre et je réponds à ses questions.

Tout d’un coup, la dame avec beaucoup de gentillesse, se penche près de l’oreille de Vincent et lui dit

«Et bien mon petit, tu n’es pas à l’école aujourd’hui ? »

Vincent me demande ce qu’elle a dit, je lui traduis, puis il signe

« Non, la maitresse était malade »

Ce que je traduis à la dame interloqué, confuse mais très gentille !

 

4)

Scène de métro

Sur un quai de métro, mon mari et mon fils discutent d’un spectacle qu’ils viennent de voir, une dame s’approche d’eux, se penche vers Vincent et lui dit

« Mon petit, peux tu demander l’heure à ton papa ? »

Mon mari rit, traduit à Vincent qui aussitôt lui montre tout fier sa belle montre rouge et mon mari répond à la dame en lui donnant l’heure à haute voix. Elle s’éloigne stupéfaite en esquissant un faible merci !

 

Morale de ces 4 histoires totalement vraies

Mesdames et messieurs, lorsque vous rencontrez des adultes qui signent avec un enfant, ce ne sont pas toujours les adultes qui sont sourds.

 

Oui des parents entendants peuvent communiquer en LSF avec leurs enfants dans la vie de tous les jours !

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 09:46

Charte de l'enfance sourde Aujourd'hui 24 novembre 2012, cela fait 300 ans que naissait charles Michel de l'épée

 

Ensemble, provoquons le changement!

 

Voir la vidéo sur ce lien :

http://www.youtube.com/watch?v=kJB_bsbAZKA&feature=youtu.be

 

IIl y a près de 300 ans, l’abbé de L’Epée a instauré une véritable éducation en langue des signes et nous a appris l’importance de constituer des groupes d’enfants Sourds pour la vitalité de la langue des signes et le développement de la langue de ces enfants. Il a été reconnu depuis internationalement comme le symbole de la naissance des Sourds.

Nous tenons à réaffirmer à l’occasion de la commémoration de sa naissance qu’un enfant sourd n’est handicapé ni de la parole ni de l’entendement, contrairement à ce que les « spécialistes » de la surdité affirment aujourd’hui !

Les enfants sourds entendent, avec leurs yeux, et s’expriment, parlent, avec leurs mains et cela avec autant de richesse et de facilité que le font les enfants entendant et s’exprimant dans une langue vocale. L’ensemble des associations et personnalités signataires de cette Charte affirment qu’une filière de soin par le son et totalement médicale porte atteinte de plus en plus gravement à la transmission de la LSF dans l’enfance Sourde.

Cela conduit à des désastres éducatifs et humains. La surdité n’est pas un problème de santé mais un problème de société. Nous constatons que seulement moins de 5% des enfants sourds scolarisés ont la LSF comme langue d’enseignement. La LSF est parfois présente dans les lieux d’éducation ou de rééducation mais le plus généralement de manière très réduite!

Nous saisissons dès maintenant toutes les instances habilitées à se prononcer sur cette situation ainsi que les divers médias et réseaux d’information afin de faire connaître les impasses qu’une telle organisation éducative produit en ce moment même.

Alors que la plupart des travaux, linguistiques, sociologiques et psychologiques, démontrent la nécessité pour l’enfant d’accéder le plus tôt possible à cette langue, la quasi totalité des enfants sourds ne peut toujours pas la rencontrer. L’orientation éducative actuelle a détruit les groupes d’enfants sourds en les plaçant seul en intégration dans leur école de quartier. Cela conduit à la fois à isoler ces enfants d’une relation enrichissante avec leurs pairs et à détruire par là même la vitalité de la LSF Or, si nous voulons que les enfants sourds accèdent au français écrit dans toute sa richesse littéraire, il est indispensable de constituer des groupes d’enfants signeurs parlant une LSF de grande qualité.

Ainsi, alors qu’a été très largement démontré combien la pratique précoce de la LSF favorisait le désir d’aller vers d’autres formes langagières orales ou écrites, nous assistons à la mise en œuvre de sa disparition effective. Au delà des discours, la législation actuelle en matière de « libre choix de communication » se révèle donc dans les faits inégalitaire et discriminatoire puisque ne mettant pas en place les véritables conditions d’accès à cette langue pour les familles et pour les enfants sourds eux-mêmes.

 

Nous refusons de nous taire devant une telle situation. Ceci concerne le processus d’humanisation, de socialisation de toute une génération d’enfants et nous interpelle tous au delà de la question de la surdité! La constitution de groupes d’enfants signants ainsi que la présence de professionnels sourds compétents auprès d’eux doivent être respectées et valorisées ainsi que l’ont déjà compris d’autres pays. En instituant cette dimension de groupe nous construisons effectivement le respect de la différence et non pas comme actuellement la mise en avant du déficit !

Pour que les enfants entendants puissent aussi apprendre cette langue, elle doit être vivante et donc parlée par des locuteurs signant réunis dans des groupes conséquents. Ceci permet de faire naître un nouveau regard sur ceux qui parlent autrement et qui par leurs différences langagières enrichissent tous ceux qui les rencontrent.

 

Nous en appelons donc à penser un véritable accueil de la différence et à construire une réelle éducation en langue des signes française au sein des dispositifs éducatifs de notre pays. Nous nous élevons contre une tentative infondée et injustifiée d’assimilation de la surdité à une maladie et des Sourds à des malades à soigner par le son et appelons les législateurs à ne pas céder à des lobbies impulsant ici indûment des perspectives sanitaires inappropriées.

 

Nous refusons la situation actuelle qui prive l’enfant sourd de la langue des signes vers laquelle il est attiré très précocement, langue qui lui est nécessaire pour prendre parole très tôt, s’instruire ainsi que tous les autres enfants et aller ensuite vers d’autres univers langagiers.

 

Nous demandons au plus vite :

Que des dispositifs de groupes conséquents d’enfants sourds bénéficiant d’un véritable enseignement en LSF se mettent réellement en place sur tout le territoire français.

Que tous les parents qui le souhaitent puissent recevoir gratuitement une formation en langue des signes française et que les enseignants Sourds bénéficient d’un véritable statut d’enseignant correspondant à leurs compétences.

Que des modalités d’accueil et d’éducation favorables aux langues signées et inspirées de ce qui existe déjà ailleurs s’inscrivent au plus vite dans le droit français.

Avec IVT, FNSF, APES, 2LPE et AFILS

1. Philippe Boyer (FNSF)

2. Emmanuelle Laborit (IVT)

3.Patrice Dalle (ANPES)

4. Hatice Asken (2LPE-BP)

5. Guylaine Paris (AFILS)

6. André Meynard (psychanalyste)

7. Catherine Vella (ANPES et 2LPE)

 

Chaque personne qui signe renforce notre mobilisation.

 

Merci de prendre une minute pour singer la pétition:

Charte de l’enfance sourde: http://www.avaaz.org/fr/petition/Charte_LSF_pour_les_enfants_sourds/


 

Ensemble, provoquons le changement!

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 12:09

lettre au président, M François Hollande, envoyée le 9 octobre 2012, à 13h10

 

Bonjour,
j'ai écouté votre discours ce matin , 9 octobre 2012,  je suis maman d'un enfant sourd de 5 ans qui communique en langue des signes et je m'inquiète des propositions présentées
- inclusion pour les enfants handicapés
- formation des AVS
Vous dites qu'il est important de mettre les enfants à l'école maternelle dès 2 ans pour qu'une bonne maitrise de la langue permette ensuite un meilleur apprentissage de la lecture  !
Et les enfants sourds ? Et la LSF dans tout cela ? En inclusion, quel bain de langue pour les enfants sourds isolés dans leur école de quartier avec personne avec qui communiquer de manière satisfaisante ?
Oui maitriser sa langue c'est se donner toutes les chances de réussir à lire et à apprendre le français écrit, alors donnez aussi cette chance aux enfants sourds en leur donnant toutes les chances de bien maitriser la LSF en maternelle, et en cycle 2 !
Et en leur offrant une école 100% accessible, avec 100% des heures d'enseignement en LSF !
Mon fils est dans une classe en LSF, à Champs sur Marne, ces classes existent depuis bientôt 30 ans, comme à Ramonville, près de Toulouse, les enfants y ont un accès total aux savoirs et peuvent entrer dans la lecture car les méthodes pratiquées leur sont adaptés !
j'aimerais que tous les enfants sourds de France dont les parents ont choisi la LSF comme langue de communication, aient cette même chance.
j'aimerais que la valeur de ce qui se pratique dans ces classes soit reconnue à sa juste place.
Ce n'est pas le cas aujourd'hui où les inspecteurs de l’Éducation nationale veulent absolument isoler les enfants en inclusion dans leur école de quartier, les condamnant ainsi à la solitude, à l'isolement et à l'ignorance !
La France ne peut elle se donner les moyens de la réussite scolaire des enfants sourds ?
Devons-nous, encore et encore, perpétuer les erreurs du passé qui donnent un taux d'échec scolaire recors chez les enfants et les adultes sourds de ce pays ?
Une AVS, non, un enseignant maitrisant la langue des signes et transmettant son savoir par cette langue, voilà ce que j'ai comme ambition pour l'éducation de mon fils.
je refuse de le mener à l'échec scolaire et à l’illettrisme !
Pourquoi ne pas donner à la France cette même ambition, adapter les méthodes, former des enseignants sourds ou entendants et réussir à faire de la nouvelle génération d'enfants sourds de se pays, des lettrés, aux mêmes titres que leurs camarades qui entendent ?
Les USA, les pays du nord de l'Europe y sont parvenus, pourquoi pas nous ?
Voyez vous la LSF cela a servi à mon petit garçon de 5 ans à suivre ardemment les élections présidentielle et à comprendre beaucoup de choses à ce sujet, il a mis votre bulletin dans l'urne avec joie et fierté et au soir de votre victoire rêvait de vous rencontrer !
La LSF cela permet à mon fils d'apprendre à être un citoyen de ce pays !

Les enfants sourds de ce pays ont le droit au respect de ce qu'ils sont, dans leur vie quotidienne et dans leur éducation !

Merci de votre écoute Monsieur le président
avec tout mon respect
Catherine VELLA


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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 05:41

 

Un enfant sourd c’est un enfant normal qui n’entend pas, évident direz-vous mais pas tant que cela.

 

Les lobbies médicaux et prothétiques  vendent aux médias, aux parents et à l’opinion publique leur matériel comme des panacées alors qu’ils ne sont certains de rien et qu'ils ne considèrent que l'oreille des enfants sourds pas la totalité de son être, de ce qu'il est. ils ne pensent u'à ce qu'il n'est pas !

 

Quel message vous ont-ils envoyé via articles de journaux et publicité ? La surdité peut se réparer, et on doit la réparer à tout prix !

Mais, un enfant sourd est sourd pour toute sa vie, et en quoi cela vous gène-t-il ?

 

Un enfant sourd c’est un enfant normal qui n’entend pas ; Son cerveau n’a aucun problème, il réfléchit et pense comme tous les enfants de son âge. Il se pose les mêmes questions, il a les mêmes curiosités, Il ressent les mêmes émotions et grandit comme tous les autres enfants de son âge

 

Cela veut dire que tout ce qui se passe autour de lui il peut le comprendre avec ses yeux.

Ces yeux captent tout, sont à l’affut de la moindre information.

Vos visages, vos expressions, votre manière de bouger avec votre corps, tout pour lui est source d’information.

Est-ce d’être ainsi observé qui vous gêne tant ?

 

Un enfant sourd montre du doigt, hé oui, il n’est pas mal élevé, il s’exprime avec son corps

 

Un enfant sourd va vous tapoter l’épaule, il n’est pas violent, il vous appelle.

 

Lorsque l’enfant sourd est élevé dans une langue qui lui permet très tôt de s’exprimer, il se développe tout à fait normalement et acquière les mêmes compétences que ses camarades du même âge qui entendent.

 

Mais sans langue de communication qu’il peut pratiquer, c’est l’isolement et la solitude.

Les copains : il peut jouer avec eux sans parole bien sûr mais avez-vous remarqué comme très tôt les enfants organisent des jeux en se parlant pour inventer ensemble les règles et les histoires.

Alors les enfants qui entendent peuvent jouer avec un enfant sourd mais pour cela ils ont besoin qu’on leur donne quelques mots et quelques pistes pour comprendre.

Sans langue et sans copains avec qui communiquer, la journée de l’enfant sourd est une suite de moments inquiétants dont il ne comprend que peu de chose et où il ne peut rien exprimer, l’angoisse monte, comme il est intelligent, il complète ce qu’il voit par ses propres raisonnements mais essayez, coupez le son d’un film et vous aurez vite compris que vous avez très mal compris l’intrigue ! ! !

En fin de journée, l’enfant est stressé et fatigué ! Il se met en colère, il pique des crises, il n’est pas caractériel et n’a aucun handicap associé, il est juste épuisé et frustré !

 

Et l’enfant sourd en LSF depuis sa naissance grandit, en harmonie avec lui-même, pose des questions sur le monde, apprend et acquière de multiples compétences.

Pourquoi avoir peur de lui ou d’elle, il est comme vous, juste son mode de communication est différent.

Il est très curieux du monde, Aurelie, 20 ans part 3 mois en Inde, seule, sac au dos, pour rencontrer les gens de ce pays, puis en Afrique. Soraya, elle a choisi le Japon.

Qu’est ce qui diffère entre ces deux jeunes filles et vos enfants de 20 ans qui entendent ?

 

Je vous demande d’accepter les sourd comme des être entier, avec leurs compétences qui peuvent être égales ou supérieures aux vôtres, n’en prenez pas ombrage !

Avec leurs défauts aussi, humains, rien que des être humains !

 

Je vous demande de regarder la langue des signes comme une vraie langue, avec tout ce que cela comporte de richesse et de complexité.

 

Je vous demande d’essayer de ne pas participer à la discrimination, un sourd, même appareillé, a besoin que vous le regardiez quand vous lui parler, que vous exprimiez aussi avec votre corps et votre  visage vos émotions.

 

Un petit effort face a des gens, les sourds enfants et adultes, qui en font beaucoup, un petit pas qui permettrait qu’ils deviennent enfin des citoyens dans un pays où la démocratie les a oublié depuis longtemps, où liberté, égalité et fraternité n’ont jamais rien voulu dire dans leurs vies !

 

Pendant 5 minutes, mettez vous à leur place, pensez le monde sans vos oreilles, cherchez les sous-titres dans les films, à la télé, les informations visuelles dans les administrations, etc . . .

Les médias les oublient parce qu’ils ne parlent pas, joli paradoxe ! ! !

Ne faites pas comme eux !

Un enfant sourd a besoin d’une éducation de qualité, il a besoin que nous, les adultes, nous ayons des ambitions pour lui, il a besoin d'une scolarit qu’il puisse suivre dans le confort, sinon, impossible de se concentrer et d’apprendre !

Un adulte sourd a juste besoin d’être un individu respecté ! Il a juste besoin que les droits de l'homme et du citoyen ce soit aussi pour lui !
Est ce si difficile pour lui de reconnaitre ses nombreuses compétences sans discrimination ?

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 09:51

Nous sommes les parents d’un petit garçon de 3 ans sourd profond, Vincent.
Ce courrier a pour but d’alerter sur la situation de la scolarisation des enfants sourds.

D’après l'OMS, "l'enfant hypo-acousique est celui dont l'acuité auditive est insuffisante pour lui permettre d'apprendre la langue du pays où il vit, de participer aux activités normales de son âge et de suivre avec profit l'enseignement scolaire général". La surdité du jeune enfant est une anomalie fréquente : 1 pour 1000 naissances dans une famille sans antécédent et 15 pour 1000 naissances chez les enfants à haut risque.

Autant dire que sur un département aussi peuplé que la Seine-Saint-Denis, les enfants sourds sont nombreux.

Dans ces enfants il faut distinguer les différents degrés de surdité car ils influent sur les choix éducatifs et l’accès à l’éducation des enfants

Un enfant avec une surdité moyenne, légère et même sévère, aura, la plupart du temps de bon résultats avec une aide prothétique et le bon déroulement de sa scolarité dépendra d’aide ponctuelle, notamment pour l’apprentissage de la lecture qui est, dans notre pays, phonologique.

Les enfants sourds profonds sont dans l’impossibilité d’accéder à la lecture sans programmes adaptés.

Les enfants implantés, à qui ont a implanté un substitut de cochlée, pourront parfois rejoindre la catégorie des enfants de surdité moyenne ou légère, (entre 30 et 40% des cas selon les sources) mais pour les autres l’implants ne leur permet pas d’accéder au langage et même à une audition suffisamment correcte pour suivre normalement l’apprentissage de la lecture. En revanche les implants semblent excellent pour les enfants ou les adultes devenus sourds.

Actuellement il existe en France 4 modes de scolarisation des enfants sourds :

-         En intégration avec les enfants entendants dans les écoles de quartier, une orthophoniste intervient parfois pendant le temps scolaire, l’enfant est accompagné d’une AVS qui dans la grande majorité des cas ne connait rien à la surdité ni à la Langue des Signes, ni même au codage LPC pour les enfants qui lisent sur les lèvres et ont besoin d’informations complémentaires données par ce codage du Français. (Le code LPC est un codage manuel des sons de la langue française. Les mouvements codés de la main sont associés à la parole. La main près du visage accompagne, syllabe par syllabe tout ce qui est dit.)

-         Des écoles de regroupement, écoles de quartier où sont scolarisés plusieurs enfants sourds qui suivent un programme en Français oral.

-         Dans des instituts médicaux spécialisés où les enfants sont en petit groupe, il en existe aucun dans le 93 et 3 principaux à Paris (Paris 5, 15 ou 17, soit au mieux à 1 h de transport matin et soir pour les enfants du 93). Ces centres reçoivent beaucoup d’enfants du 93. Les enfants y sont rééduqués et suivent un programme scolaire assez proche de celui de l’éducation nationale.

-         Une école bilingue pour toute l’île de France, Langue des Signes / Français écrit, à Champs sur Marne . . .

La situation des enfants dit en intégration dans le 93 est assez dramatique,

Lors de l’annonce de la surdité vous êtes dirigé sur l’un des trois centres, SSEFIS de Delthil à Saint Denis / CAMSP Espoir 93 à Noisy le Sec ou CRESN à Noisy le Grand, selon le choix des parents.

Pour la scolarité, quatre classes de regroupement existent dans le 93, où interviennent les personnels des centres cités plus haut, les enfants y sont scolarisés dans un projet uniquement oralisant, c'est-à-dire avec des cours normaux, la présence d’orthophonistes et d’une codeuse LPC. Donc rien pour ceux qui ne peuvent pas oraliser et dont la surdité est trop profonde ou l’audition insuffisante pour comprendre le français oral.
Les enfants qui sont dans les classes en intégration ne peuvent bénéficier de la présence des personnels des 3 centres médico-sociaux déjà surchargés par le suivi des enfants en crèche (crèche Hélène Keller de Noisy le Sec), dans les centres et au sein des établissements de regroupement.

Le résultat de cette intégration en tout cas dans les écoles maternelle du 93 :
Des enfants sourds, appareillés ou implantés seuls dans les classe avec des enseignants qui ne connaissent pas du tout la LSF ou le LPC, plus ou moins motivés mais qui s'occupent aussi de 26 ou 27 autres enfants avec au mieux une dame de service et une AVS mais personne pour communiquer avec l'enfant sourd,
Des services spécialisés débordés qui n'interviennent parfois qu'une fois tous les 15 jours dans l'école pour 1h (c’est le cas de Vincent) faute de personnel disponible.

Donc l'enfant va tout les matins à l'école où il est confronté aux longs moments de langage du programme desquels il est exclu, même s'il participe aux autres activités et a un niveau intellectuel largement égal à celui de ses camarades, c'est un apprentissage un peu violent de sa différence où, le mien en tout cas, est en détresse.
On lui propose une pratique de la LSF 1 heure pas semaine dans le centre qui le suit et 3 ou 4 heures d'orthophonie, autant dire que cela le met en échec assez rapidement, et cela représente un gâchis terrifiant.

La première année de maternelle est une année de socialisation, Vincent est actuellement sans aide de langage, sans aide de communication et vit des moments d’exclusion dans sa classe avec ses pairs et donc de désocialisation. Son besoin actuel, comme celui des autres enfants sourds, est la possibilité de communiquer, d’appendre, de comprendre ce qui se passe autour d’eux. L’isolement actuel ne peut procurer que des angoisses et des retards dans les apprentissages et comme je l’ai déjà dit un énorme gâchis.

Pour les plus grands, l’apprentissage de la lecture est extrêmement compliqué sans aucune aide, traductrice, codeuse ou autre.

La maîtresse de notre fils s’était inscrite en juin dernier à un stage de sensibilisation à la surdité, ce stage, annuellement organisé par le rectorat, et également prévu pour tous les enseignants du 93 qui en avaient fait la demande, devait avoir lieu du 7 au 11 décembre. Le rectorat l’a annulé faute de remplaçants pour les enseignants inscrits à ce stage.

Donc les enfants sourds « intégrés » sont seuls avec l’enseignante et les 26 autres élèves de la classe, parfois une AVS est là mais ne peut qu’aider les enfants à mettre et enlever leurs manteaux ou leurs chaussures. Ceux qui entendent mal ou presque pas ne bénéficient d’aucune aide et ne développent aucun mode de communication à l’école qui devient un lieu de jeu où ils doivent juste rester sages pendant les moments de langage ou lorsque la maîtresse lit des histoires.
Or il existe depuis 5 ans une loi sur la scolarisation des enfants handicapés, complétée par des décrets dont le plus récent date d'avril 2009

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020480797&dateTexte=&categorieLien=id

Extrait du site
http://www.education.gouv.fr/cid207/la-scolarisation-des-eleves-handicapes.html

« La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées renforce les actions en faveur de la scolarisation des élèves handicapés. Elle affirme le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, à un parcours scolaire continu et adapté. Les parents sont de plus étroitement associés à la décision d'orientation de leur enfant et à la définition de son projet personnalisé de scolarisation (P.P.S.).
Dispositifs de scolarisation
Dès l'âge de 3 ans, si leur famille en fait la demande, les enfants handicapés peuvent être scolarisés à l'école maternelle. Chaque école a vocation à accueillir les enfants relevant de son secteur de recrutement. Pour répondre aux besoins particuliers des élèves handicapés, un projet personnalisé de scolarisation organise la scolarité de l'élève, assorti des mesures d'accompagnement décidées par la Commission des droits et de l'autonomie (C.D.A.). La scolarisation peut être individuelle ou collective, en milieu ordinaire ou en établissement médico-social.
Scolarisation individuelle
Les conditions de la scolarisation individuelle d'un élève handicapé dans une école élémentaire ou dans un établissement scolaire du second degré varient selon la nature et la gravité du handicap.
Selon les situations, la scolarisation peut se dérouler soit :
* sans aucune aide particulière,
* faire l'objet d'aménagements lorsque les besoins de l'élève l'exigent.
Le recours à l'accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire et à des matériels pédagogiques adaptés concourent à rendre possible l'accomplissement de la scolarité. »

Nos questions sont simples :
Quand cette loi qui va bientôt avoir 5 ans pourra-t-elle s’appliquer réellement ?
Quand l’Etat donnera-t-il les moyens de ces actions éducatives pour les enfants ?

Quand les services de santé et de l’éducation travailleront ils ensemble réellement dans le sens de l’intérêt des enfants ?

Ces enfants ont besoin avant tout, et très rapidement d’une langue pour communiquer et pour apprendre, la LSF* (langue des signes françaises) ou l'aide du LPC (langue parlée complétée); comme les autres enfants de leur âge ils ont besoin d’apprendre le Français écrit et de développer l'oral selon leurs capacités et à leur rythme.

* D’après le dictionnaire : Une langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuels, qui permet la communication entre les individus. La langue des signes est donc une vraie langue, riche et vivante. Nous avons fait ce choix pour Vincent qui n’a pas accès à l’oralisation.

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