Partager l'article ! L'Annonce et Après . . .: Nous sommes rentré chez nous, sidérés et en larmes. Tout d’un coup une idée m’obsédait, je suis pianiste, d ...
Vincent a une sœur et un frère beaucoup plus grands que lui, lorsqu’ils étaient bébés, Françoise Dolto vivait encore, nous habitions dans le 15è arrondissement de Paris et nous allions très souvent à la Maison Verte, et je peux dire que Dolto a beaucoup appris à la toute jeune maman que j’étais.
Pour moi un bébé est une personne qui doit être respecté en tant que tel, il a droit à des paroles qui font sens au plus tôt. Donc j’ai toujours beaucoup parlé avec mes enfants, je leur lisais des histoires, la communication avait une place majeure entre nous.
J’ai fait la même chose avec Vincent, et tout d’un coup le sol se dérobait sous mes pieds : maintenant que c’était sûr, diagnostiqué, il est sourd, comment vais-je faire pour communiquer avec lui ?
J’étais pétrifié !
Et personne à qui demander, aucun sourd autour de nous, juste un rendez-vous médical 15 jours plus tard.
A ce moment-là, ce rendez-vous me semblait irréel, nous n’avions pas besoin d’un médecin, nous avions besoin de comprendre, de connaître, de recouvrer la parole que les mots du médecin dans le hall de l’hôpital avaient tarie. La surdité de Vincent nous a rendu muets et sidéré.
C’était la panique, comment allions-nous lui dire tout ce qu’on dit à son bébé, lui expliquer le monde autour de lui, le consoler de ses gros chagrins d’enfant, lui transmettre nos valeurs, nos passions, comment le rassurer, comment lui apprendre tout ce que doit savoir un petit de 2 ans, comment va-t-il apprendre à lire et à écrire ? Comment ? Comment ?
Premier réflexe, Internet, des nuits entières à tout lire sur la surdité. Mais si cela donne des informations, cela noie et accentue l’angoisse, beaucoup de possibilités et de choix mais comment les faire ces choix alors qu’on ne sait rien ?
Très vite des mots, LSF, implant, LPC, bilingue, oralisation. . .
Très vite des défenseurs de l’un ou de l’autre, mais nous, au milieu de tout cela ! Quel choix pour lui ? Quelles conséquences d’un mauvais choix ?
Au secours !
Premières réflexions, et une idée qui m‘obsède, j’aurais dû le savoir !
Un souvenir :
En juillet 2008, nous avons été à un anniversaire, il y avait de la musique et des spots lumineux qui accompagnait les basses. Vincent dansait et s’amusait beaucoup.
Décembre 2008, nous avons acheté des guirlandes lumineuses multicolores pour le sapin, heureux nous les allumons pour Vincent. Il est émerveillé et se met à danser, comme le jour de l’anniversaire !
Ce jour-là je me suis assise et l’importance de la surdité m’a éclaté en peine figure, mais l’ORL avait dit tout va bien !