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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 16:50
Collège ou pas collège ??

Ce soir je ne surveille pas les devoirs de Vincent.

Il est en CM1, à Bobigny dans une classe bilingue, la langue d’enseignement est la LSF, toute la journée, pour toutes les matières scolaires.

C’est à Bobigny.

Si le STIF le permettait il pourrait même aller à l’étude ou participer au temps péri scolaire car la mairie à embauché des animateurs sourds pour ces temps là.

Mais ce soir je ne lui ferai pas faire ses devoirs.

A quoi bon ?

Dans deux ans il doit entrer en 6é, mais où ?

Nous habitons dans le 93, pas de collège qui accueille des sourds signants dans notre département, il n’y en a pas non plus à Paris, ni dans le 94, ni dans le 91, ni dans le 78.

Alors où aller ? Sa scolarité va s’arrêter en CM2 ?

Après 4 ans de bonheur comme élève de la classe bilingue de l’école Georges Valbon, tout va s’arrêter pour lui et pour ses camarades de classe sourds aussi, pas d’espoir, pas d’avenir ?

L’avenir qu’on leur propose ce sont des études aux rabais dans des établissements gérés par la santé et c’est tout ?,

Et oui pour les sourds, ce sont les médecins et le paramédical qui prétend s’occuper d’éducation, programme au rabais, études au rabais, diplômes au rabais.

Et une fois obtenus des diplômes de seconde zone, c’est une vie d’AAH, l’allocation d’adulte handicapé, c’est cela que les rectorats d’île de France proposent à nos enfants sourds ?

NON, nous n'acceptons pas cela pour Vincent et lui ne l'accepte pas non plus.

Alors ce soir, nous allons jouer, discuter, prendre du temps tous les trois pour se donner la force d’entamer ce nouveau parcours du combattant.

Published by catherine Vella
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 17:32

VIE

Ce soir j’écoute « l’Arietta » de la sonate pour piano opus 11 de Beethoven, ce son qui chante, qui pleure, qui parle, si pur, si profond. Cette musique fait vibrer chaque cellule de mon corps. Cette musique qui est moi, qui est le ciment de mon être, qui m’a construite, qui me donne force et énergie qui me donne vie. Le piano, mon instrument, mon univers, ces marteaux de feutre qui caressent les cordes, ce toucher sensuel et profond que j’aime tant.

Dans mon ventre, Vincent a capté toutes ces vibrations, toute leur puissance, sans doute pas de la même façon que moi, ou de la même façon qui sait ?

Oui on dit qu’il est sourd mais qu’est ce que cela veut dire ? Oui il n’entend pas les mots quand je l’appelle mais qui peut savoir ce qu’il ressent de ces vibrations du monde, des voix et de la musique ? Sa cochlée, depuis qu’il est dans mon ventre, lui donne SA perception du monde. Elle n’est pas la même que la mienne mais elle lui appartient, elle l’a construit,

Combien je suis heureuse de ne m’être jamais laissée abattre, de ne jamais avoir accepté qu’on le lui arrache ce petit escargot pour le remplacer par une quelconque technologie !

Mais d’ailleurs, ce que j’entends moi, est-ce la même chose que ce que vous entendez vous ? Ces vibrations, ces ondes qui nous traversent de part en part, produisent elles la même chose sur vous et sur moi ? Je suis certaine que non.

Une personne est un tout, et c’est ce qui permet de tenir droit, D’ÊTRE, Alors Vincent est parfait, complet, solide sur ses propres bases. Je ne sais pas ce qu’il perçoit des vibrations du monde, comme il ne sait pas ce que j’en perçois et alors ? Je ne sais pas non plus ce que vous percevez, et c’est très bien comme cela.

Depuis presque 10 ans j’écoute « ses chansons », celles qu’il produit en jouant perpétuellement avec ses cordes vocales, il l’aime cette vibration c’est sa richesse sonore à lui et elle est magnifique.

Les seuls sons que je veux entendre sortir de ses lèvres sont ceux qui sortent du plus profond de lui, de son ventre, de son âme, de ses tripes, de sa volonté et rien d’autre, et peu m'importe si ce ne sont pas des mots.

Maintenant j’écoute les préludes et fugues de Bach, les notes comme des perles m’abreuvent de bonheur.

Mon fils, j’aime ta voix qui vocalise, et ta parole signée, et j’espère que tu ne te laisseras jamais étourdir par les mondes artificiels et mécaniques que les grands industriels veulent imposer au monde et à tes amis sourds. Tu es complet, il ne te manque rien, ne crois jamais ceux qui te disent autre chose.

Published by catherine Vella
8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 19:25

Quel rire ce soir, Vincent et moi, à table. Et pourquoi riions nous tous les deux ? Nous imaginions une scène : Vincent allant porter plainte au commissariat de Montreuil pour dénoncer la bêtise d'une personne.
Ces rires cachent pourtant l'amertume et la déception.
Il rêvait d'une activité sportive cette année mais le président du club a refusé qu'il puisse s'y inscrire un jour , en mode :
lui : "il est sourd ? mais sourd sourd ? ah ! Donc il n'entend pas ?"
moi : "non mais ne vous inquiétez pas quelqu'un sera avec lui au début pour traduire "
lui : "non non impossible, c'est hors de question qu'il y ai quelqu'un en plus ".
Et bien il va se le garder son club cette personne si ouverte et accueillante !
Nous étions en colère tous les deux et puis nous avons ri de sa bêtise.
Vincent voulait porter plainte pour bêtise, zut, ce n'est pas dans les lois, c'est bien dommage cela !

Published by catherine Vella
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 20:05

Les vacances sont terminées, l’école a repris, encore une année de gagnée sur le sort, encore une année de chance extrême dans la classe bilingue de Bobigny.

Comme je ne sais pas où Vincent ira au collège, je savoure cette rentrée si ordinaire.

Pas de collège bilingue en Seine-Saint-Denis, pas non plus à Paris ! Deviendrons-nous, nous aussi des exilés scolaires ?

Cette année commence une nouvelle bataille pour son droit d’être un petit citoyen de ce pays, pour son droit à l’éducation.

Ce soir, les images, les émotions de ces vacances remontent à ma mémoire, elles me donnent de la force et de la confiance en nous tous et nous toutes.

Ces vacances c’est d’abord, une fête dans un jardin extraordinaire, entourés d’êtres magnifiquement humains, un moment d’air pur pour nos cœurs et nos cerveaux. Cette assemblée bigarrées et hors normes, le partage d’un repas, d’une après-midi avec des personnes devenues chères à nos cœurs, a été pour nous une belle bouffée d’oxygène !

Ensuite, cette Bretagne de Cornouaille, ses pierres, ses landes, ses dunes, son océan, cela nous a procuré des sensations fortes qui nous ont rendu l’énergie perdu dans la tempête de l’année qui venait de s’écouler.

Et enfin Douarnenez, le Chapiteau du festival, le bouillonnement des idées, des luttes identiques bien que diverses, les amis, la LSF, Fabrice, Fred, Vincent le grand, Marik, Regine, Delphine, Laure, Sonia, Julia, Isabelle, Levent, chou, Françoise, Danielle et tous les autres.

Un pique nique dans un lieu hors du temps, des animaux, des paroles, des signes, et Vincent le petit qui écoute, écoute tellement attentivement !

Vincent était si heureux !

Il a des instants, comme ceux passés cet été où le temps s’arrête, à la fois hors du temps mais pourtant tellement dans la réalité !

Nos revendications aux unes, aux uns et aux autres semblent simples, le droit d’être, d’être tel qu’on est, tel qu’on est né, ou tel qu’on se sent être. Nous revendiquons une langue, une culture, une marnière d’être au monde, mais cette bataille pour la vie debout, pour la dignité, pour notre humanité, semble déstabiliser totalement les normes établies. Cela se sent aux résistances que nous rencontrons, les mêmes en fait quelques soient nos luttes. Ces puissants aux pieds d’argiles aimeraient tant que nous rentrions dans le rang, et bien non, nous ne lacherons rien !

Et le retour, Vincent a de grosses larmes sur les joues, c’était si bien sur la place du chapiteau, sa langue était partout, ses amis étaient là, les petit et les grands, les sourds et les entendants.

Une semaine après, ces jours en Pays de Douarn sont encore dans nos têtes et dans nos cœurs ? Vincent est toujours un peu triste. Nous, nous avons repris des forces et fait le plein d’arguments et de moyens de mener nos batailles. Nous avons retrouvél’énergie de tenir bon dans nos convictions et nos revendications. Mais nos cœurs sont lourds, nos amis nous manquent.

Cela a donc été un moment extraordinaire que nous n’oublierons pas de si tôt, que ce soit Vincent ou nous !

été 2016
Published by catherine Vella
19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 18:08
Retour difficile

Pendant une semaine nous avons baigné dans le monde bilingue de l’Université d’été de 2LPE, sourds et entendants signants, et des interprètes pour créer un pont, pour ceux qui découvrent ce monde.

Des échanges, des tables rondes, des conférences, une semaine de réflexions et de travail en commun, on en sort fatigués mais tellement enrichis ! On est si bien dans ce monde où la langue première est la langue des signes, elle y est partout et tout le temps, un bain linguistique d’une semaine, quel bonheur.

Les enfants étaient en colonie, dans une ferme proche, ensemble, eux aussi ont passé une super semaine, sourds et entendants .

Vous savez ce que c’est 2LPE ? Deux Langue Pour une Education, c’est un triangle, composé à chaque extrémité des parents, des professionnels et de la communauté sourde, unis pour l’épanouissement bilingue de l’enfant sourd.

Et ils sont sacrément épanouis tous ces enfants qui y viennent, vivants, heureux, bien dans leur vie.

Et puis la semaine s’achève, le cœur gros, chacun retourne dans sa région, dans sa ville, dans sa maison.

C’est si dur au début de revenir dans ce monde sans signe, je n’ai plus envie de parler avec ma voix, mais juste de continuer de signer.

Demain j’ai pris une journée de congé, pour reprendre mon souffle et pouvoir jeudi retourner dans ce monde uniquement sonore où je ne me sens plus à ma place. Parce que lundi et aujourd'hui, je ne me sentais triste, la LSF me manquait trop, au milieu des entendants qui ignorent tout de cette langue et de nos combats pour que les enfants sourds y aient accès et puissent grandir épanouis dans une langue qui est la leur.

Vincent aussi, encore plus que moi, a du mal à revenir dans ce monde d’entendant où il doit sans cesse faire des efforts pour se faire comprendre, alors que pendant une semaine, il était juste un enfant parmi d’autre, en échange libre et facile avec ces amis et amies, avec les animateurs et tous les autres adultes. Un monde idéal, où il est si heureux.

Il me fait rire, car quand je lui demande si tel ou tel est sourd ou entendant, il me répond plutôt s’il est signant ou pas, entendant pour lui est synonyme de non signant. Son père et moi sommes des "entendants sourds" car nous signons , son frère est entendant et moyennement sourd et sa sœur entendante et un peu sourde car elle signe moins bien !

Peu importe les résultats auditifs, ce qui lui importe c’est si les gens parlent dans sa langue ou pas.

Vivement le prochain bain linguistique, la prochaine université d’été, le prochain festival, on est si bien dans un monde bilingue où nous sommes tous à égalité, où nous sommes tous des humains, tel que nous sommes.

Ces mains qui s’agitent partout autour de moi me manquent terriblement, Vincent a raison, mes oreilles entendent mais mon cœur est sourd.

Published by catherine Vella
22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 20:53

Bonjour

Semaine terrible à Paris et autour de chez nous et je suis partie à Toulouse pour les 30 ans des classes en LSF de Ramonville.

A mon retour Vincent a lu LE PETIT QUOTIDIEN avec son père et me demande de le filmer

Je la partage car c'est si ...

Vive la LSF !

Published by catherine Vella
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 19:15
un petit patient sourd

Septembre 2015

Cet été, grâce à un animateur signant parfaitement, Vincent est parti une semaine en camp d'été avec ses amis du centre de loisirs de Montreuil, et a pu participer à toutes les activités, vélo, kayak, pèche, jeux de piste, quiz, veillée de contes et jeux de société.

" C'est un enfant comme les autres" s'est étonnée la directrice de ce camp d'été, et bien oui, il est juste sourd, c'est à dire qu'il a juste besoin que sa langue soit respectée, c'est tout !

La rentrée est passée, toujours aussi merveilleuse à l'école bilingue Georges Valbon de Bobigny.

Une scolarité tout à fait ordinaire, si ce n'est que tout est signé en LSF pour les enfants sourds.

Pas si ordinaire puisqu'il y a si peu d'enfants sourds qui ont cette chance.

Et ce confort est précaire.

Serons-nous, nous aussi, dans 3 ans, comme tant de parents d'enfants sourds avant nous, des réfugiés scolaires, exilé vers Lyon, Toulouse ou Poitiers pour trouver un collège pour Vincent ? Le temps le dira ...

Aujourd'hui c'est un jour spécial, ce matin il y avait la visite de contrôle chez le cardiologue de Vincent à l'hôpital Necker, comme tous les deux ans. Sauf que cette fois-ci Vincent et son papa étaient accompagnés d'un interprète.

Quel confort ! Papa a uniquement joué son rôle de papa, et Vincent a pu tout comprendre de ce qui se passait, il a pu répondre aux questions du cardiologue et l'interroger, car il se pose des tas de questions maintenant sur son opération d'il y a 6 ans et sur son aorte fragile.

Mon petit bonhomme qui va bientôt avoir 9 ans n'a rien raté de cette matinée, en confort d'expression, c'est tellement important ! Pour lui c'est rassurant, il n'a pas l'impression d'être un petit animal sur la table d'examen, et pour nous fini la douleur d'être partagés entre notre rôle de parents entièrement dans le dialogue avec le cardiologue et celui de traducteur maladroit pour notre petit garçon ! Cette situation est très difficile à vivre pour nous trois et très inconfortable pour tout le monde.

Aujourd'hui, chacun sa place, le papa, le cardiologique et l'interprète. Pour Vincent, un moment angoissant mais qu'il a pu vivre comme tous les autres enfants, dans la compréhension totale, dans le respect de ce qu'il est, un petit patient sourd qui s'exprime en LSF.

Petit à petit Vincent grandit dans son corps et dans sa tête et lui permettre dès maintenant de comprendre pourquoi toute sa vie il devra se surveiller et être suivi par un cardiologue c'est pour nous le respecter mais aussi en faire un petit patient éclairé sur sa santé.

Published by catherine Vella
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 19:53

Ce blog a 5 ans, janvier 2010 / janvier 2015

La loi de 2005 a 10 ans !

L'ANPES a 20 ans

Les classes LSF de Poitiers et de Toulouse ont 30 ans

Et pourtant !

Pour nous, ces 5 ans ont changé nos vies et ils m'ont aussi totalement transformé.

5 ans après, j'ai encore en mémoire notre gros désespoir, comment allions nous faire pour mettre en œuvre ce que nous pensions être le mieux pour Vincent ?

Ce blog était comme un cri au milieu de la nuit.

En 5 ans, j'ai appris la langue des signes, mais j'ai surtout appris ce que voulait dire la sous citoyenneté dans ce pays, j'ai appris à me battre plus que je ne l'aurai jamais imaginé !

Pas à la maison, le contraste est troublant et parfois déstabilisant.

Dans notre vie il y a Vincent qui vit sa vie d'enfant et d'écolier;.

Sa langue est la LSF, il découvre la culture sourde mais aussi celle des entendants.

Ses journée sont celles de tous les enfants de son âge, l'école la journée, à temps complet en LSF, et il y a le Hand ball le soir , l'atelier théâtre en LSF le mercredi, les copains, les sorties, les jeux, la pâtisserie avec moi ou avec sa sœur, Jak, la vie ...

Dans sa classe, rien ne le déconcentre dans ses apprentissages, pas de matières ôtées au profit de séances d'ortho quelque chose, il peut se donner à fond dans les apprentissages scolaires.

Le soir je travaille avec lui, je supervise ses devoirs, et ensuite nous jouons avec les mots et les phrases du français. Je suis très attentive à ses progrès scolaires, tout comme je l'étais pour son frère et sa sœur entendants;

L’éducation c'est 50% l'école, 50% la famille, pour lui comme pour tous les enfants.

La découverte du monde, la transmission des valeurs de citoyen, du respect, de la tolérance, de la dignité, de l'indignation et aussi de la révolte saine, cela fait partie de notre rôle de parents,y compris avec notre enfant sourd.

L'oral ... cela ne l'intéresse pas, et cela ne l'empêche pas de très bien de faire comprendre par ses camarades entendants au centre de loisirs ou par le boulanger du quartier quand il va y acheter du pain.

Il est bien dans sa vie, bien dans sa peau et bien dans son identité sourde

Donc une vie calme et paisible d'une famille ordinaire

Mais ...

Dehors, dans la société, dans la ville, c'est une bataille sans fin pour des choses tellement simples !

- NON les enfants sourds ne sont pas des malades, des déficients, des petites choses à réparer, à sauver, des incompétents. NON

Cette image négative, désolante, misérabiliste est diffusée massivement, sponsorisée par les grands laboratoires qui vendent de l'appareillage.

Certains s'en servent pour vendre leur livre ou leur film, histoire de faire pleurer dans les chaumières ou d'avoir son moment de gloire, sans se préoccuper de la réalité, ni des gens qu'ils utilisent !

Des pseudo chercheurs pondent des études totalement infondées pour faire vendre aux parents d'enfants sourds de la réparation, de l'ortho, une filière complète de "professionnels" qui vont tourner autour de l'enfant sourd comme des abeilles autour du miel. Et tant pis si ce qu'ils font n'a pas de sens, n'apporte rien à l'enfant ou même le mène droit dans une impasse éducative !

Peu importe, une filière complète médicale et para médicale vit de cet enfant qui ne demandait juste qu'à avoir une langue pour s'exprimer !

Dolto disait TOUT EST LANGAGE, l'enfant a besoin de comprendre, de poser des questions, de s'exprimer, et c'est tellement vrai ! Mais tous ces spécialistes de la surdité n'ont sans doute jamais lu une ligne de Dolto ! Il préfère produire de la détresse, culpabiliser les parents et les enfants pour surtout garder leur salaire en fin de mois !

Au lieu de rester à leur place de médecin, et de laisser les pédagogues travailler avec les enfants. Ils affirment que ce n'est pas la pédagogie ou l’appareillage qui sont en cause si l'enfant est énervé ou dépressif et ne veut plus aller à l'école, non ils ont inventé des séries de handicaps associés pour mettre des noms scientifiques et ronflants sur le simple épuisement des enfants face à une scolarité totalement inaccessible ou qui lui demande des efforts terribles pour suivre.

Faire vivre une filière économique, labo, prothésiste ortho, psy, sociaux en tout genre, tout cela au nom d'une notion, l'intégration, mais au final que du vide là dedans ! S'intégrer pour un sourd cela veut dire imiter les entendants , devenir un ersatz d'entendants ?

Pas pour moi, désolée.

Moi, j'apprends à mon fils à être fier de ce qu'il est, de sa langue, de sa culture. Je lui apprends à découvrir le monde des entendants, ma langue, ma culture. Je lui apprends à respecter l'autre, celui qui est différent et à vivre ensemble dans la même société en bonne intelligence.

C'est mon fils, c'est un être entier et complet, qui a son chemin à suivre et que je ne fais qu'accompagner au début de sa route.

La loi de 2005 a 10 ans, en 2009 les "pros" m'avaient dit, "Vous avez de la chance, votre fils est né après la loi de 2005" ...

Quelle chance ?

Celle de voir tous les jours cette loi foulée aux pieds ?

Celle de constater que des textes du Comité National de l’éducation Bilingue de 1994 sont toujours d'actualité à 100 % ?

Que 30 ans après la création des premières classes bilingues par 2LPE, nous devons toujours donner les adresses des lieux de "bonnes pratiques" éducatives au ministère de l’Éducation Nationale ?

Parents entendants d'enfants sourds : arrêtez de suivre ces gourous scientifiques qui vous promettent monts et merveilles, notamment ils affirment qu'en un coup de scalpel magique, ils vont faire de votre enfant sourd un enfant entendant. Ce sont des miroirs aux alouettes et le réveil est violent et douloureux.

Ne croyez pas les médecins ORL, et tous les ortho du monde quand ils vous parlent des obstacles et des difficultés des enfants sourds, croyez en votre enfant et dans ses compétences, ne lâchez rien de vos ambitions pour lui, bien au contraire, donnez-lui juste les moyens d'y parvenir.

Donnez lui une langue, une vraie, une qui lui soit accessible, une qui va le construire, construire sa pensée. Comment pourra-t-il apprendre à lire et à écrire si à 6 ans il ne maitrise aucune langue orale ( LSF ou français vocal) ?

D'ailleurs tous ces professionnels de la surdité ne pensent pas votre enfant comme sourd mais comme déficient, déficient auditif, malade à réparer, un enfant mal quelque chose, leur image est négative, elle fait peser un poids très lourd sur vos vies et sur les frêles épaules de votre enfant. Alors suivez l'autre route, la vôtre, la sienne, ensemble, pas à pas mais en regardant toujours vers le soleil, vers le positif. Allez à la rencontre de son monde au lieu d'essayer de lui imposer celui du "son" à tout prix comme vous le conseille des "pro".

Vous voulez que je vous dise, en 5 ans ce dont je suis certaine, c'est que la majorité de ces "pros" de la surdité ne connaissent rien aux enfants sourds,

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:29

Ce 3 novembre un arrêté est paru, désormais tous les bébés seront testés à la maternité pour savoir s’ils ont une « bonne audition ».

Ils auront 2 jours ces bébés au moment de ce test, leurs parents dans l’émotion de leur arrivée comment réagiront-ils à un test positif, signalant une suspicion de surdité, alors que deux mois après on leur dira que leur bébé entend ?

Sur 1000 naissances, 10 familles seront concernées, au final, une seule deviendra une famille d’enfant sourd.

L’état pense très urgent de dépister la surdité mais ensuite il se désengage dans la scolarité de ces mêmes enfants sourds, pourquoi ?

Un enfant sourd n’est pas malade, il est juste sourd. Il peut tout apprendre et tout faire, si on lui donne une langue pour apprendre et pour comprendre.

Mais aujourd’hui, dans notre pays, la scolarité des enfants sourds n’est toujours pas totalement dans le giron du ministère de l’éducation nationale.

Nous en sommes toujours à leur expliquer pourquoi nos enfants ont besoin de recevoir l’enseignement dans une langue qu’ils comprennent, ici , en France, au XXIè siècle.

Certains inspecteurs ne comprennent pas pourquoi nous sommes outrés qu’on nous annonce une classe dite « bilingue » alors que les enseignants de la classe ont 60h d’apprentissage de cette langue qui, comme toutes les autres langues, nécessite plus de 700h d’apprentissage pour être maîtrisée.

D’autres, quand on leur demande où scolariser un enfant sourd signant, vous propose un rendez-vous avec un psychologue !

Alors si un repérage massif de la surdité est acté, peut être avant aurait il fallu préparer l’accueil des familles et le devenir des enfants !

Dépister pourquoi faire ? Pour expliquer aux parents que le choix de langue qu’ils vont faire pour leur enfant sera valable partout SAUF à l’école de la République ?

Aujourd’hui seulement 14 classes en France permettent aux enfants sourds signeurs de suivre une scolarité en LSF de la maternelle au CM2, 4 collèges et 3 lycées.

La France est un désert scolaire pour nos enfants, un désert plein d’instituts spécialisés où on leur sert une bouillie de langages mais aucune langue. Ils n’ont droit qu’au minimum et on nous demande, à nous les parents, d’être heureux qu’ils puissent déjà entrer dans un lieu appelé « classe ».

L’intelligence de nos enfants est tout à fait normale, leurs compétences sont identiques à celles des enfants entendants, mais les « spécialistes », ceux qui les scolarisent majoritairement, ne leur proposent que des activités basiques, d’un niveau faible, créant des retard d’apprentissage énorme.

Entendez-vous ?

Ceux qui sont censés apprendre à nos enfants les maintiennent dans un état d’ignorance volontaire, au prétexte « charitable » que ces pauvres enfants sourds ne comprennent rien puisqu’ils sont sourds.

Alors on va dépister des millions d’enfants par an, pour ensuite ne rien avoir organisé pour la suite, et quand ils seront en âge scolaire on ne leur proposera que des ateliers de tarte au Carambar, de l’orthophonie et de la psychomotricité ?

NON, cela je ne le veux ni pour mon fils ni pour aucun autre enfant sourd de ce pays !

Ce n’est pas une folie d'exiger une éducation, un apprentissage scolaire réel pour nos enfants, avec la même qualité de programme que pour tous les autres enfants, avec les mêmes exigence et les mêmes ambitions de réussite.

Et OUI un sourd peut être, s'il le souhaite, autre chose que caissier chez C ou A, infographiste, cuisinier, ébéniste ou jardinier, métiers proposés aux jeunes sourds !

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:05

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La journée sent l’été, c’est le mois de juin, le soleil descend doucement vers l’horizon.

Vincent a 7 ans, il est grand, fini le CP, en septembre il rentrera en CE1, déjà !

Il y a un an nous étions si inquiets, nous avions reçu une notification de la MPDPH pour une école de Bobigny. La classe LSF / français écrit n’était pas encore ouverte, nous partions à l’aventure, difficile pour une classe aussi importante que celle du CP !

Et l’année s’est déroulée comme un rêve, dans une classe avec une enseignante qui maitrise parfaitement la LSF, mais qui est aussi une fine pédagogue et permet aux enfants d’accéder à leur seconde langue, le français écrit.

Vincent si réticent en maternelle à Champs sur Marne pour l’écrit, est entré dans la lecture et dans l’écriture avec facilité à Bobigny.

Dans cette école, les professionnels sourds présents participent à la qualité de l’enseignement et du bien être des enfants sourds, ces modèles référents exigeants tirent les enfants vers le haut.

Mais ce qui a été encore plus remarquable c’est l’école dans son ensemble, la LSF fait partie de l’école pour les entendants aussi. Les enseignants, la directrice, les enfants, tout le monde considère la LSF comme une véritable langue et les enfants sourds comme des enfants qui ont juste une autre langue que la leur. Tout le monde l’apprend.

Cela a donné une scène extraordinaire à la fête de l’école.

Le nouveau maire de la ville discute avec nous, les parents sourds et entendants.

Soudain, une petite fille s’approche avec un petit garçon dans les bras et signe à la maman,

-         « il pleure, il est tombé, il s’est fait mal »,

Le maire rétorque

-         « Ah c’est une élève de la classe LSF ! »

Et la petite fille de lui répondreà l'oral

-         « non non, j’entend moi »

Le maire a été interloqué et a fait remarquer à son adjoint que dans cette école, pas de handicap, juste des enfants qui jouent côte à côte dans le respect mutuel !

Dans cette école les 4 professionnels sourds et les 2 entendants qui signent parfaitement qui y travaillent ont permis à Vincent de passer une année formidable !

Alors je trouve que ce soleil de juin est magnifique !

D'autant que le mercredi, l’atelier théâtre d’IVT à permis aussi à Vincent de s’épanouir, d’améliorer son expression signé et corporelle.

Je ne sais pas de quoi sera fait l’année prochaine mais celle qui s’achève nous a apporté une belle paix intérieure !

Cette école de Bobigny qui ressemble à un grand paquebot coloré est comme une bulle d’oxygène.

Alors vigilance pour que cette merveilleuse expérience dure longtemps !

Ce que cela prouve c’est que c’est possible si les adultes responsables sont motivés et ouverts.

Avec des professionnels maitrisant réellement la LSF, qu’ils soient sourds ou entendants, et d’autres qui respectent la LSF, même s’ils ne la maitrisent pas et apprennent ce respect à leurs élèves, les enfants sourds et entendants vivent très bien ensemble.

 

 

 

 

 

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