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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 18:08
Retour difficile

Pendant une semaine nous avons baigné dans le monde bilingue de l’Université d’été de 2LPE, sourds et entendants signants, et des interprètes pour créer un pont, pour ceux qui découvrent ce monde.

Des échanges, des tables rondes, des conférences, une semaine de réflexions et de travail en commun, on en sort fatigués mais tellement enrichis ! On est si bien dans ce monde où la langue première est la langue des signes, elle y est partout et tout le temps, un bain linguistique d’une semaine, quel bonheur.

Les enfants étaient en colonie, dans une ferme proche, ensemble, eux aussi ont passé une super semaine, sourds et entendants .

Vous savez ce que c’est 2LPE ? Deux Langue Pour une Education, c’est un triangle, composé à chaque extrémité des parents, des professionnels et de la communauté sourde, unis pour l’épanouissement bilingue de l’enfant sourd.

Et ils sont sacrément épanouis tous ces enfants qui y viennent, vivants, heureux, bien dans leur vie.

Et puis la semaine s’achève, le cœur gros, chacun retourne dans sa région, dans sa ville, dans sa maison.

C’est si dur au début de revenir dans ce monde sans signe, je n’ai plus envie de parler avec ma voix, mais juste de continuer de signer.

Demain j’ai pris une journée de congé, pour reprendre mon souffle et pouvoir jeudi retourner dans ce monde uniquement sonore où je ne me sens plus à ma place. Parce que lundi et aujourd'hui, je ne me sentais triste, la LSF me manquait trop, au milieu des entendants qui ignorent tout de cette langue et de nos combats pour que les enfants sourds y aient accès et puissent grandir épanouis dans une langue qui est la leur.

Vincent aussi, encore plus que moi, a du mal à revenir dans ce monde d’entendant où il doit sans cesse faire des efforts pour se faire comprendre, alors que pendant une semaine, il était juste un enfant parmi d’autre, en échange libre et facile avec ces amis et amies, avec les animateurs et tous les autres adultes. Un monde idéal, où il est si heureux.

Il me fait rire, car quand je lui demande si tel ou tel est sourd ou entendant, il me répond plutôt s’il est signant ou pas, entendant pour lui est synonyme de non signant. Son père et moi sommes des "entendants sourds" car nous signons , son frère est entendant et moyennement sourd et sa sœur entendante et un peu sourde car elle signe moins bien !

Peu importe les résultats auditifs, ce qui lui importe c’est si les gens parlent dans sa langue ou pas.

Vivement le prochain bain linguistique, la prochaine université d’été, le prochain festival, on est si bien dans un monde bilingue où nous sommes tous à égalité, où nous sommes tous des humains, tel que nous sommes.

Ces mains qui s’agitent partout autour de moi me manquent terriblement, Vincent a raison, mes oreilles entendent mais mon cœur est sourd.

Published by catherine Vella
22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 20:53

Bonjour

Semaine terrible à Paris et autour de chez nous et je suis partie à Toulouse pour les 30 ans des classes en LSF de Ramonville.

A mon retour Vincent a lu LE PETIT QUOTIDIEN avec son père et me demande de le filmer

Je la partage car c'est si ...

Vive la LSF !

Published by catherine Vella
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 19:15
un petit patient sourd

Septembre 2015

Cet été, grâce à un animateur signant parfaitement, Vincent est parti une semaine en camp d'été avec ses amis du centre de loisirs de Montreuil, et a pu participer à toutes les activités, vélo, kayak, pèche, jeux de piste, quiz, veillée de contes et jeux de société.

" C'est un enfant comme les autres" s'est étonnée la directrice de ce camp d'été, et bien oui, il est juste sourd, c'est à dire qu'il a juste besoin que sa langue soit respectée, c'est tout !

La rentrée est passée, toujours aussi merveilleuse à l'école bilingue Georges Valbon de Bobigny.

Une scolarité tout à fait ordinaire, si ce n'est que tout est signé en LSF pour les enfants sourds.

Pas si ordinaire puisqu'il y a si peu d'enfants sourds qui ont cette chance.

Et ce confort est précaire.

Serons-nous, nous aussi, dans 3 ans, comme tant de parents d'enfants sourds avant nous, des réfugiés scolaires, exilé vers Lyon, Toulouse ou Poitiers pour trouver un collège pour Vincent ? Le temps le dira ...

Aujourd'hui c'est un jour spécial, ce matin il y avait la visite de contrôle chez le cardiologue de Vincent à l'hôpital Necker, comme tous les deux ans. Sauf que cette fois-ci Vincent et son papa étaient accompagnés d'un interprète.

Quel confort ! Papa a uniquement joué son rôle de papa, et Vincent a pu tout comprendre de ce qui se passait, il a pu répondre aux questions du cardiologue et l'interroger, car il se pose des tas de questions maintenant sur son opération d'il y a 6 ans et sur son aorte fragile.

Mon petit bonhomme qui va bientôt avoir 9 ans n'a rien raté de cette matinée, en confort d'expression, c'est tellement important ! Pour lui c'est rassurant, il n'a pas l'impression d'être un petit animal sur la table d'examen, et pour nous fini la douleur d'être partagés entre notre rôle de parents entièrement dans le dialogue avec le cardiologue et celui de traducteur maladroit pour notre petit garçon ! Cette situation est très difficile à vivre pour nous trois et très inconfortable pour tout le monde.

Aujourd'hui, chacun sa place, le papa, le cardiologique et l'interprète. Pour Vincent, un moment angoissant mais qu'il a pu vivre comme tous les autres enfants, dans la compréhension totale, dans le respect de ce qu'il est, un petit patient sourd qui s'exprime en LSF.

Petit à petit Vincent grandit dans son corps et dans sa tête et lui permettre dès maintenant de comprendre pourquoi toute sa vie il devra se surveiller et être suivi par un cardiologue c'est pour nous le respecter mais aussi en faire un petit patient éclairé sur sa santé.

Published by catherine Vella
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 19:53

Ce blog a 5 ans, janvier 2010 / janvier 2015

La loi de 2005 a 10 ans !

L'ANPES a 20 ans

Les classes LSF de Poitiers et de Toulouse ont 30 ans

Et pourtant !

Pour nous, ces 5 ans ont changé nos vies et ils m'ont aussi totalement transformé.

5 ans après, j'ai encore en mémoire notre gros désespoir, comment allions nous faire pour mettre en œuvre ce que nous pensions être le mieux pour Vincent ?

Ce blog était comme un cri au milieu de la nuit.

En 5 ans, j'ai appris la langue des signes, mais j'ai surtout appris ce que voulait dire la sous citoyenneté dans ce pays, j'ai appris à me battre plus que je ne l'aurai jamais imaginé !

Pas à la maison, le contraste est troublant et parfois déstabilisant.

Dans notre vie il y a Vincent qui vit sa vie d'enfant et d'écolier;.

Sa langue est la LSF, il découvre la culture sourde mais aussi celle des entendants.

Ses journée sont celles de tous les enfants de son âge, l'école la journée, à temps complet en LSF, et il y a le Hand ball le soir , l'atelier théâtre en LSF le mercredi, les copains, les sorties, les jeux, la pâtisserie avec moi ou avec sa sœur, Jak, la vie ...

Dans sa classe, rien ne le déconcentre dans ses apprentissages, pas de matières ôtées au profit de séances d'ortho quelque chose, il peut se donner à fond dans les apprentissages scolaires.

Le soir je travaille avec lui, je supervise ses devoirs, et ensuite nous jouons avec les mots et les phrases du français. Je suis très attentive à ses progrès scolaires, tout comme je l'étais pour son frère et sa sœur entendants;

L’éducation c'est 50% l'école, 50% la famille, pour lui comme pour tous les enfants.

La découverte du monde, la transmission des valeurs de citoyen, du respect, de la tolérance, de la dignité, de l'indignation et aussi de la révolte saine, cela fait partie de notre rôle de parents,y compris avec notre enfant sourd.

L'oral ... cela ne l'intéresse pas, et cela ne l'empêche pas de très bien de faire comprendre par ses camarades entendants au centre de loisirs ou par le boulanger du quartier quand il va y acheter du pain.

Il est bien dans sa vie, bien dans sa peau et bien dans son identité sourde

Donc une vie calme et paisible d'une famille ordinaire

Mais ...

Dehors, dans la société, dans la ville, c'est une bataille sans fin pour des choses tellement simples !

- NON les enfants sourds ne sont pas des malades, des déficients, des petites choses à réparer, à sauver, des incompétents. NON

Cette image négative, désolante, misérabiliste est diffusée massivement, sponsorisée par les grands laboratoires qui vendent de l'appareillage.

Certains s'en servent pour vendre leur livre ou leur film, histoire de faire pleurer dans les chaumières ou d'avoir son moment de gloire, sans se préoccuper de la réalité, ni des gens qu'ils utilisent !

Des pseudo chercheurs pondent des études totalement infondées pour faire vendre aux parents d'enfants sourds de la réparation, de l'ortho, une filière complète de "professionnels" qui vont tourner autour de l'enfant sourd comme des abeilles autour du miel. Et tant pis si ce qu'ils font n'a pas de sens, n'apporte rien à l'enfant ou même le mène droit dans une impasse éducative !

Peu importe, une filière complète médicale et para médicale vit de cet enfant qui ne demandait juste qu'à avoir une langue pour s'exprimer !

Dolto disait TOUT EST LANGAGE, l'enfant a besoin de comprendre, de poser des questions, de s'exprimer, et c'est tellement vrai ! Mais tous ces spécialistes de la surdité n'ont sans doute jamais lu une ligne de Dolto ! Il préfère produire de la détresse, culpabiliser les parents et les enfants pour surtout garder leur salaire en fin de mois !

Au lieu de rester à leur place de médecin, et de laisser les pédagogues travailler avec les enfants. Ils affirment que ce n'est pas la pédagogie ou l’appareillage qui sont en cause si l'enfant est énervé ou dépressif et ne veut plus aller à l'école, non ils ont inventé des séries de handicaps associés pour mettre des noms scientifiques et ronflants sur le simple épuisement des enfants face à une scolarité totalement inaccessible ou qui lui demande des efforts terribles pour suivre.

Faire vivre une filière économique, labo, prothésiste ortho, psy, sociaux en tout genre, tout cela au nom d'une notion, l'intégration, mais au final que du vide là dedans ! S'intégrer pour un sourd cela veut dire imiter les entendants , devenir un ersatz d'entendants ?

Pas pour moi, désolée.

Moi, j'apprends à mon fils à être fier de ce qu'il est, de sa langue, de sa culture. Je lui apprends à découvrir le monde des entendants, ma langue, ma culture. Je lui apprends à respecter l'autre, celui qui est différent et à vivre ensemble dans la même société en bonne intelligence.

C'est mon fils, c'est un être entier et complet, qui a son chemin à suivre et que je ne fais qu'accompagner au début de sa route.

La loi de 2005 a 10 ans, en 2009 les "pros" m'avaient dit, "Vous avez de la chance, votre fils est né après la loi de 2005" ...

Quelle chance ?

Celle de voir tous les jours cette loi foulée aux pieds ?

Celle de constater que des textes du Comité National de l’éducation Bilingue de 1994 sont toujours d'actualité à 100 % ?

Que 30 ans après la création des premières classes bilingues par 2LPE, nous devons toujours donner les adresses des lieux de "bonnes pratiques" éducatives au ministère de l’Éducation Nationale ?

Parents entendants d'enfants sourds : arrêtez de suivre ces gourous scientifiques qui vous promettent monts et merveilles, notamment ils affirment qu'en un coup de scalpel magique, ils vont faire de votre enfant sourd un enfant entendant. Ce sont des miroirs aux alouettes et le réveil est violent et douloureux.

Ne croyez pas les médecins ORL, et tous les ortho du monde quand ils vous parlent des obstacles et des difficultés des enfants sourds, croyez en votre enfant et dans ses compétences, ne lâchez rien de vos ambitions pour lui, bien au contraire, donnez-lui juste les moyens d'y parvenir.

Donnez lui une langue, une vraie, une qui lui soit accessible, une qui va le construire, construire sa pensée. Comment pourra-t-il apprendre à lire et à écrire si à 6 ans il ne maitrise aucune langue orale ( LSF ou français vocal) ?

D'ailleurs tous ces professionnels de la surdité ne pensent pas votre enfant comme sourd mais comme déficient, déficient auditif, malade à réparer, un enfant mal quelque chose, leur image est négative, elle fait peser un poids très lourd sur vos vies et sur les frêles épaules de votre enfant. Alors suivez l'autre route, la vôtre, la sienne, ensemble, pas à pas mais en regardant toujours vers le soleil, vers le positif. Allez à la rencontre de son monde au lieu d'essayer de lui imposer celui du "son" à tout prix comme vous le conseille des "pro".

Vous voulez que je vous dise, en 5 ans ce dont je suis certaine, c'est que la majorité de ces "pros" de la surdité ne connaissent rien aux enfants sourds,

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:29

Ce 3 novembre un arrêté est paru, désormais tous les bébés seront testés à la maternité pour savoir s’ils ont une « bonne audition ».

Ils auront 2 jours ces bébés au moment de ce test, leurs parents dans l’émotion de leur arrivée comment réagiront-ils à un test positif, signalant une suspicion de surdité, alors que deux mois après on leur dira que leur bébé entend ?

Sur 1000 naissances, 10 familles seront concernées, au final, une seule deviendra une famille d’enfant sourd.

L’état pense très urgent de dépister la surdité mais ensuite il se désengage dans la scolarité de ces mêmes enfants sourds, pourquoi ?

Un enfant sourd n’est pas malade, il est juste sourd. Il peut tout apprendre et tout faire, si on lui donne une langue pour apprendre et pour comprendre.

Mais aujourd’hui, dans notre pays, la scolarité des enfants sourds n’est toujours pas totalement dans le giron du ministère de l’éducation nationale.

Nous en sommes toujours à leur expliquer pourquoi nos enfants ont besoin de recevoir l’enseignement dans une langue qu’ils comprennent, ici , en France, au XXIè siècle.

Certains inspecteurs ne comprennent pas pourquoi nous sommes outrés qu’on nous annonce une classe dite « bilingue » alors que les enseignants de la classe ont 60h d’apprentissage de cette langue qui, comme toutes les autres langues, nécessite plus de 700h d’apprentissage pour être maîtrisée.

D’autres, quand on leur demande où scolariser un enfant sourd signant, vous propose un rendez-vous avec un psychologue !

Alors si un repérage massif de la surdité est acté, peut être avant aurait il fallu préparer l’accueil des familles et le devenir des enfants !

Dépister pourquoi faire ? Pour expliquer aux parents que le choix de langue qu’ils vont faire pour leur enfant sera valable partout SAUF à l’école de la République ?

Aujourd’hui seulement 14 classes en France permettent aux enfants sourds signeurs de suivre une scolarité en LSF de la maternelle au CM2, 4 collèges et 3 lycées.

La France est un désert scolaire pour nos enfants, un désert plein d’instituts spécialisés où on leur sert une bouillie de langages mais aucune langue. Ils n’ont droit qu’au minimum et on nous demande, à nous les parents, d’être heureux qu’ils puissent déjà entrer dans un lieu appelé « classe ».

L’intelligence de nos enfants est tout à fait normale, leurs compétences sont identiques à celles des enfants entendants, mais les « spécialistes », ceux qui les scolarisent majoritairement, ne leur proposent que des activités basiques, d’un niveau faible, créant des retard d’apprentissage énorme.

Entendez-vous ?

Ceux qui sont censés apprendre à nos enfants les maintiennent dans un état d’ignorance volontaire, au prétexte « charitable » que ces pauvres enfants sourds ne comprennent rien puisqu’ils sont sourds.

Alors on va dépister des millions d’enfants par an, pour ensuite ne rien avoir organisé pour la suite, et quand ils seront en âge scolaire on ne leur proposera que des ateliers de tarte au Carambar, de l’orthophonie et de la psychomotricité ?

NON, cela je ne le veux ni pour mon fils ni pour aucun autre enfant sourd de ce pays !

Ce n’est pas une folie d'exiger une éducation, un apprentissage scolaire réel pour nos enfants, avec la même qualité de programme que pour tous les autres enfants, avec les mêmes exigence et les mêmes ambitions de réussite.

Et OUI un sourd peut être, s'il le souhaite, autre chose que caissier chez C ou A, infographiste, cuisinier, ébéniste ou jardinier, métiers proposés aux jeunes sourds !

Published by catherine Vella
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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:05

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La journée sent l’été, c’est le mois de juin, le soleil descend doucement vers l’horizon.

Vincent a 7 ans, il est grand, fini le CP, en septembre il rentrera en CE1, déjà !

Il y a un an nous étions si inquiets, nous avions reçu une notification de la MPDPH pour une école de Bobigny. La classe LSF / français écrit n’était pas encore ouverte, nous partions à l’aventure, difficile pour une classe aussi importante que celle du CP !

Et l’année s’est déroulée comme un rêve, dans une classe avec une enseignante qui maitrise parfaitement la LSF, mais qui est aussi une fine pédagogue et permet aux enfants d’accéder à leur seconde langue, le français écrit.

Vincent si réticent en maternelle à Champs sur Marne pour l’écrit, est entré dans la lecture et dans l’écriture avec facilité à Bobigny.

Dans cette école, les professionnels sourds présents participent à la qualité de l’enseignement et du bien être des enfants sourds, ces modèles référents exigeants tirent les enfants vers le haut.

Mais ce qui a été encore plus remarquable c’est l’école dans son ensemble, la LSF fait partie de l’école pour les entendants aussi. Les enseignants, la directrice, les enfants, tout le monde considère la LSF comme une véritable langue et les enfants sourds comme des enfants qui ont juste une autre langue que la leur. Tout le monde l’apprend.

Cela a donné une scène extraordinaire à la fête de l’école.

Le nouveau maire de la ville discute avec nous, les parents sourds et entendants.

Soudain, une petite fille s’approche avec un petit garçon dans les bras et signe à la maman,

-         « il pleure, il est tombé, il s’est fait mal »,

Le maire rétorque

-         « Ah c’est une élève de la classe LSF ! »

Et la petite fille de lui répondreà l'oral

-         « non non, j’entend moi »

Le maire a été interloqué et a fait remarquer à son adjoint que dans cette école, pas de handicap, juste des enfants qui jouent côte à côte dans le respect mutuel !

Dans cette école les 4 professionnels sourds et les 2 entendants qui signent parfaitement qui y travaillent ont permis à Vincent de passer une année formidable !

Alors je trouve que ce soleil de juin est magnifique !

D'autant que le mercredi, l’atelier théâtre d’IVT à permis aussi à Vincent de s’épanouir, d’améliorer son expression signé et corporelle.

Je ne sais pas de quoi sera fait l’année prochaine mais celle qui s’achève nous a apporté une belle paix intérieure !

Cette école de Bobigny qui ressemble à un grand paquebot coloré est comme une bulle d’oxygène.

Alors vigilance pour que cette merveilleuse expérience dure longtemps !

Ce que cela prouve c’est que c’est possible si les adultes responsables sont motivés et ouverts.

Avec des professionnels maitrisant réellement la LSF, qu’ils soient sourds ou entendants, et d’autres qui respectent la LSF, même s’ils ne la maitrisent pas et apprennent ce respect à leurs élèves, les enfants sourds et entendants vivent très bien ensemble.

 

 

 

 

 

Published by catherine Vella
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 06:06

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Se Battre

Je regarde l’affiche d'un film qui porte ce titre et je pense à notre vie depuis 5 ans, 5 ans déjà !

Se battre d’abord contre le corps médical pour qu’ils acceptent de faire passer les tests de dépistage à Vincent, une bataille de 18 mois qui n’a aucun sens, comme si les parents qui rêvent d’avoir un enfant sourd étaient légions et encombraient leur cabinet d’ORL !

Se battre ensuite contre la vision médicalisée de la surdité que nous proposaient ces mêmes médecins.

Du déni de leur part on est passé à leur soif de nous voler notre rôle de parents, réparer, réparer à tout prix, voilà ce qu’ils voulaient.

Se battre contre eux car ils voulaient nous imposer leur vision de la surdité.

Notre enfant sourd vu par eux comme un enfant à dresser pour qu’il soit sage et, du haut de ses 2 ans, qu’il fasse les efforts attendus par eux pour qu’il rentre dans le seul monde qu’ils connaissent, celui de la parole vocale.

C’est dur quand on découvre la surdité de se battre contre cette vision médicalisée, au début on a envie de faire confiance au monde médical mais très vite on sent que quelque chose cloche, ça ne va pas, ça ne colle pas, ce qu’il dise ne colle pas avec ce que nous savons de l’enfant que nous aimons.

La bataille est rude, ils sont puissants et usent de toute leur position de « ceux qui savent » « pour notre bien ».

Se battre pour faire un choix éducatif, la loi nous donne ce droit mais pas d’information satisfaisante, pas de lieu où être accueilli, pas de parole neutre et objective pour nous aider.

Et, une fois que cette bataille est gagnée, une fois qu’on a fait un choix pour l’éducation de notre enfant sourd, s’engage la bataille pour faire respecter ce choix !

Pas de chance, nous avons fait le mauvais choix, celui que le monde médical n’approuve pas, celui que la société n’a pas prévu, nous avons fait le choix de la langue des signes, celui de l‘identité sourde de notre fils.

A partir de là, la bataille est partout, tout le temps.

Nous assumons notre choix, c’était le meilleur à faire, mais j’ai l’impression que depuis nous sommes sur un radeau au milieu d’un océan en furie !

Se battre pour que notre enfant ai droit à l’enseignement scolaire.

Se battre pour savoir où se trouvent les écoles en LSF, et découvrir qu’elles sont si peu nombreuse !

Se battre pour trouver où il sera respecté en tant qu’individu à part entière, en tant que personne ayant des droit et notamment celui fondamental de recevoir un enseignement.

Se battre ensuite pour que ces îlots, ces oasis d’humanité ne disparaissent pas au gré de l’indifférence des rectorats.

Se battre au ministère pour faire connaitre ces classes et faire comprendre leur importance fondamentale, se battre à chaque changement de ministre, tout à refaire, perpétuellement !

Se battre pour le droit de notre enfant à être citoyen de sa ville, son accès aux centres de loisirs, aux activités péri scolaires, aux activités proposées par les lieux culturels.

Se battre, encore et encore jusqu’au bout de nos forces, jusqu’à l’épuisement, et puis reprendre courage, et repartir pour se battre encore parce qu’on n’a pas le droit de lâcher, pour lui et pour tous les autres

Et ensuite lui apprendre l'histoire de ceux qui se sont battus pour leurs droits, pour liberer leur peuple, lui apprendre à se battre, lui transmettre l'esprit de résistance et la capacité à s'indigner.

Published by catherine Vella
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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 19:28

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Savez-vous que la surdité n'est pas une maladie et que les sourds ne sont pas des malades ? Ils sont juste sourds.

 

Savez-vous que 95% des enfants sourds naissent dans des familles entendantes avec aucun antécédent de surdité autre que celui lié au grand âge ?

 

Savez-vous que 95% des sourds ont des enfants entendants ?

 

Savez-vous que la Langue des signes a été interdite en France dans l’éducation familiale et scolaire des enfants sourds de 1880 jusqu’en 1991 (Loi Fabius) ?

 

Savez-vous qu’on attachait les mains des enfants sourds dans les classes durant ces 100 ans pour qu’ils ne signent pas ?

 

Savez-vous que les enfants sourds n’ont le droit d’avoir une scolarisation en LSF que depuis 2005 ?

 

Savez-vous qu’en France la plupart des enfants sourds vivent une journée d’école dans une langue qu’ils comprennent peu et mal et donc le contenu des programmes de l’éducation nationale ne leur est pas accessible. ?

 

Savez-vous que seulement 5% des enfants sourds reçoivent un enseignement en LSF, alors que 40ù des familles ont fait le choix de la LSF pour l’éducation et la scolarisation de leurs enfants ?

Depuis la loi de 2005, et réaffirmé dans la loi refondons l’école de la république, les parents d’enfants sourds ont le choix de communication de leur enfant :

 La loi du 11 février 2005 garantit aux parents de jeunes sourds une liberté de choix entre une communication bilingue - langue des signes française et langue française écrite - et une communication en langue française aidée ou non du LPC (code) 

 

Savez-vous qu’en France il n’existe que 13 classes où toute la journée, tout l’enseignement est fait en LSF ? L’une d’elle est à Bobigny à l’école Georges VALBON.

 

Savez-vous que la plupart des parents qui choisissent une éducation bilingue pour leur enfant sourds (LSF/français écrit) sont obligés de déménager pour que leur enfant ait une scolarisation dans sa langue ?

 

Savez-vous qu’avec la LSF on peut tout apprendre et faire des études supérieures ?

 

Savez-vous qu’un enfant qui a accès à la LSF grandit avec le même niveau de compréhension et d’expression que les enfants entendants de son âge ?

 

Savez-vous qu’aux USA des sourds sont médecins ou avocats ?

 

Savez-vous qu’en France, les métiers qu’on propose aux enfants sourds dans les établissements spécialisés sont toujours les mêmes, jardinier, ébénistes, comptables ou infographiste ?

 

Savez-vous que les sourds ont une culture riche et une langue magnifique?

 

Savez-vous que beaucoup de films français ne sont pas accessibles aux sourds car ils ne sont pas sous-titrés ?

 

Savez-vous que les informations télévisées sont peu accessibles, les informations régionales n’ont pas de sous-titrées ?

 

Savez-vous qu’à cause des difficultés de communication, les sourds sont mal ou peu soignés ?

 

Savez-vous qu’à cause de la barrière de la langue, les loisirs sont peu accessibles aux sourds de tous les âges ?

 

Mais savez-vous que les sourds sont des citoyens comme les autres, et qu’ils votent ?

Savez-vous que pour que l’accessibilité d’un débat, d’une réunion ou d’une conférence soit totale pour les sourds, il faut des interprètes et de la vélotypie ?

 

Merci de mieux regarder autour de vous !

Merci de faire un pas vers les sourds, un effort pour les entendre parce que eux en font tous les jours pour se mettre à votre portée !

 


Published by catherine Vella - dans luttes
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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 10:18

Power Point de mon intervention à Montpellier le 16 mars 2014, à l'invitation de l'association GHANDIS 

 

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Published by catherine Vella
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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 12:44

Ce matin, une jeune femme nous a demandé

"Finalement, pourquoi ne "voulez"-vous pas l’implant pour Vincent ?"

Comme c’est une question qu’on nous pose très souvent, nous avons fait une réponse écrite, la voilà :

Mon mari a tout de suite refusé l'implant pour une raison que je dirais philosophique :

L’implant est une intrusion non vitale dans le corps de son fils, d’un individu autre que lui-même. Cette intrusion est irréversible ou presque, et donc pour ne pas violer l’intégrité de Vincent, c'est une décision que Vincent prendra seul s’il le souhaite quand il sera plus grand.

Mon mari dit qu’il respecte trop l’individu et son libre choix à disposer de lui-même pour prendre une telle décision pour son enfant.

Pour moi, l’important n’était pas que mon fils soit un sous-entendant, devenu dépendant de techniques et de médecins pour se maintenir dans son sous-état mais qu’il se développe socialement et intellectuellement harmonieusement et le mieux possible. Il est sourd, et alors ? Il a le droit d’être autre mais pas un sous quelque chose, non. Le droit d’être un être à part entière, debout, fier de ce qu’il est, sans honte.

En outre, la langue des signes lui permet de s’exprimer spontanément, librement et très naturellement, et d’avoir un accès au savoir et aux apprentissages, comme tous les enfants de son âge.

Ensuite, lui-même refuse d’oraliser, et même de porter ses appareils, nous respectons entièrement ce choix.

Il a des amis sourds et entendants, il est vif, curieux et intelligent, très sociable et équilibré, donc nous assumons parfaitement notre décision.

Published by catherine Vella - dans notre histoire
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