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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 19:53

Ce blog a 5 ans, janvier 2010 / janvier 2015

La loi de 2005 a 10 ans !

L'ANPES a 20 ans

Les classes LSF de Poitiers et de Toulouse ont 30 ans

Et pourtant !

Pour nous, ces 5 ans ont changé nos vies et ils m'ont aussi totalement transformé.

5 ans après, j'ai encore en mémoire notre gros désespoir, comment allions nous faire pour mettre en œuvre ce que nous pensions être le mieux pour Vincent ?

Ce blog était comme un cri au milieu de la nuit.

En 5 ans, j'ai appris la langue des signes, mais j'ai surtout appris ce que voulait dire la sous citoyenneté dans ce pays, j'ai appris à me battre plus que je ne l'aurai jamais imaginé !

Pas à la maison, le contraste est troublant et parfois déstabilisant.

Dans notre vie il y a Vincent qui vit sa vie d'enfant et d'écolier;.

Sa langue est la LSF, il découvre la culture sourde mais aussi celle des entendants.

Ses journée sont celles de tous les enfants de son âge, l'école la journée, à temps complet en LSF, et il y a le Hand ball le soir , l'atelier théâtre en LSF le mercredi, les copains, les sorties, les jeux, la pâtisserie avec moi ou avec sa sœur, Jak, la vie ...

Dans sa classe, rien ne le déconcentre dans ses apprentissages, pas de matières ôtées au profit de séances d'ortho quelque chose, il peut se donner à fond dans les apprentissages scolaires.

Le soir je travaille avec lui, je supervise ses devoirs, et ensuite nous jouons avec les mots et les phrases du français. Je suis très attentive à ses progrès scolaires, tout comme je l'étais pour son frère et sa sœur entendants;

L’éducation c'est 50% l'école, 50% la famille, pour lui comme pour tous les enfants.

La découverte du monde, la transmission des valeurs de citoyen, du respect, de la tolérance, de la dignité, de l'indignation et aussi de la révolte saine, cela fait partie de notre rôle de parents,y compris avec notre enfant sourd.

L'oral ... cela ne l'intéresse pas, et cela ne l'empêche pas de très bien de faire comprendre par ses camarades entendants au centre de loisirs ou par le boulanger du quartier quand il va y acheter du pain.

Il est bien dans sa vie, bien dans sa peau et bien dans son identité sourde

Donc une vie calme et paisible d'une famille ordinaire

Mais ...

Dehors, dans la société, dans la ville, c'est une bataille sans fin pour des choses tellement simples !

- NON les enfants sourds ne sont pas des malades, des déficients, des petites choses à réparer, à sauver, des incompétents. NON

Cette image négative, désolante, misérabiliste est diffusée massivement, sponsorisée par les grands laboratoires qui vendent de l'appareillage.

Certains s'en servent pour vendre leur livre ou leur film, histoire de faire pleurer dans les chaumières ou d'avoir son moment de gloire, sans se préoccuper de la réalité, ni des gens qu'ils utilisent !

Des pseudo chercheurs pondent des études totalement infondées pour faire vendre aux parents d'enfants sourds de la réparation, de l'ortho, une filière complète de "professionnels" qui vont tourner autour de l'enfant sourd comme des abeilles autour du miel. Et tant pis si ce qu'ils font n'a pas de sens, n'apporte rien à l'enfant ou même le mène droit dans une impasse éducative !

Peu importe, une filière complète médicale et para médicale vit de cet enfant qui ne demandait juste qu'à avoir une langue pour s'exprimer !

Dolto disait TOUT EST LANGAGE, l'enfant a besoin de comprendre, de poser des questions, de s'exprimer, et c'est tellement vrai ! Mais tous ces spécialistes de la surdité n'ont sans doute jamais lu une ligne de Dolto ! Il préfère produire de la détresse, culpabiliser les parents et les enfants pour surtout garder leur salaire en fin de mois !

Au lieu de rester à leur place de médecin, et de laisser les pédagogues travailler avec les enfants. Ils affirment que ce n'est pas la pédagogie ou l’appareillage qui sont en cause si l'enfant est énervé ou dépressif et ne veut plus aller à l'école, non ils ont inventé des séries de handicaps associés pour mettre des noms scientifiques et ronflants sur le simple épuisement des enfants face à une scolarité totalement inaccessible ou qui lui demande des efforts terribles pour suivre.

Faire vivre une filière économique, labo, prothésiste ortho, psy, sociaux en tout genre, tout cela au nom d'une notion, l'intégration, mais au final que du vide là dedans ! S'intégrer pour un sourd cela veut dire imiter les entendants , devenir un ersatz d'entendants ?

Pas pour moi, désolée.

Moi, j'apprends à mon fils à être fier de ce qu'il est, de sa langue, de sa culture. Je lui apprends à découvrir le monde des entendants, ma langue, ma culture. Je lui apprends à respecter l'autre, celui qui est différent et à vivre ensemble dans la même société en bonne intelligence.

C'est mon fils, c'est un être entier et complet, qui a son chemin à suivre et que je ne fais qu'accompagner au début de sa route.

La loi de 2005 a 10 ans, en 2009 les "pros" m'avaient dit, "Vous avez de la chance, votre fils est né après la loi de 2005" ...

Quelle chance ?

Celle de voir tous les jours cette loi foulée aux pieds ?

Celle de constater que des textes du Comité National de l’éducation Bilingue de 1994 sont toujours d'actualité à 100 % ?

Que 30 ans après la création des premières classes bilingues par 2LPE, nous devons toujours donner les adresses des lieux de "bonnes pratiques" éducatives au ministère de l’Éducation Nationale ?

Parents entendants d'enfants sourds : arrêtez de suivre ces gourous scientifiques qui vous promettent monts et merveilles, notamment ils affirment qu'en un coup de scalpel magique, ils vont faire de votre enfant sourd un enfant entendant. Ce sont des miroirs aux alouettes et le réveil est violent et douloureux.

Ne croyez pas les médecins ORL, et tous les ortho du monde quand ils vous parlent des obstacles et des difficultés des enfants sourds, croyez en votre enfant et dans ses compétences, ne lâchez rien de vos ambitions pour lui, bien au contraire, donnez-lui juste les moyens d'y parvenir.

Donnez lui une langue, une vraie, une qui lui soit accessible, une qui va le construire, construire sa pensée. Comment pourra-t-il apprendre à lire et à écrire si à 6 ans il ne maitrise aucune langue orale ( LSF ou français vocal) ?

D'ailleurs tous ces professionnels de la surdité ne pensent pas votre enfant comme sourd mais comme déficient, déficient auditif, malade à réparer, un enfant mal quelque chose, leur image est négative, elle fait peser un poids très lourd sur vos vies et sur les frêles épaules de votre enfant. Alors suivez l'autre route, la vôtre, la sienne, ensemble, pas à pas mais en regardant toujours vers le soleil, vers le positif. Allez à la rencontre de son monde au lieu d'essayer de lui imposer celui du "son" à tout prix comme vous le conseille des "pro".

Vous voulez que je vous dise, en 5 ans ce dont je suis certaine, c'est que la majorité de ces "pros" de la surdité ne connaissent rien aux enfants sourds,

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 10:29

Ce 3 novembre un arrêté est paru, désormais tous les bébés seront testés à la maternité pour savoir s’ils ont une « bonne audition ».

Ils auront 2 jours ces bébés au moment de ce test, leurs parents dans l’émotion de leur arrivée comment réagiront-ils à un test positif, signalant une suspicion de surdité, alors que deux mois après on leur dira que leur bébé entend ?

Sur 1000 naissances, 10 familles seront concernées, au final, une seule deviendra une famille d’enfant sourd.

L’état pense très urgent de dépister la surdité mais ensuite il se désengage dans la scolarité de ces mêmes enfants sourds, pourquoi ?

Un enfant sourd n’est pas malade, il est juste sourd. Il peut tout apprendre et tout faire, si on lui donne une langue pour apprendre et pour comprendre.

Mais aujourd’hui, dans notre pays, la scolarité des enfants sourds n’est toujours pas totalement dans le giron du ministère de l’éducation nationale.

Nous en sommes toujours à leur expliquer pourquoi nos enfants ont besoin de recevoir l’enseignement dans une langue qu’ils comprennent, ici , en France, au XXIè siècle.

Certains inspecteurs ne comprennent pas pourquoi nous sommes outrés qu’on nous annonce une classe dite « bilingue » alors que les enseignants de la classe ont 60h d’apprentissage de cette langue qui, comme toutes les autres langues, nécessite plus de 700h d’apprentissage pour être maîtrisée.

D’autres, quand on leur demande où scolariser un enfant sourd signant, vous propose un rendez-vous avec un psychologue !

Alors si un repérage massif de la surdité est acté, peut être avant aurait il fallu préparer l’accueil des familles et le devenir des enfants !

Dépister pourquoi faire ? Pour expliquer aux parents que le choix de langue qu’ils vont faire pour leur enfant sera valable partout SAUF à l’école de la République ?

Aujourd’hui seulement 14 classes en France permettent aux enfants sourds signeurs de suivre une scolarité en LSF de la maternelle au CM2, 4 collèges et 3 lycées.

La France est un désert scolaire pour nos enfants, un désert plein d’instituts spécialisés où on leur sert une bouillie de langages mais aucune langue. Ils n’ont droit qu’au minimum et on nous demande, à nous les parents, d’être heureux qu’ils puissent déjà entrer dans un lieu appelé « classe ».

L’intelligence de nos enfants est tout à fait normale, leurs compétences sont identiques à celles des enfants entendants, mais les « spécialistes », ceux qui les scolarisent majoritairement, ne leur proposent que des activités basiques, d’un niveau faible, créant des retard d’apprentissage énorme.

Entendez-vous ?

Ceux qui sont censés apprendre à nos enfants les maintiennent dans un état d’ignorance volontaire, au prétexte « charitable » que ces pauvres enfants sourds ne comprennent rien puisqu’ils sont sourds.

Alors on va dépister des millions d’enfants par an, pour ensuite ne rien avoir organisé pour la suite, et quand ils seront en âge scolaire on ne leur proposera que des ateliers de tarte au Carambar, de l’orthophonie et de la psychomotricité ?

NON, cela je ne le veux ni pour mon fils ni pour aucun autre enfant sourd de ce pays !

Ce n’est pas une folie d'exiger une éducation, un apprentissage scolaire réel pour nos enfants, avec la même qualité de programme que pour tous les autres enfants, avec les mêmes exigence et les mêmes ambitions de réussite.

Et OUI un sourd peut être, s'il le souhaite, autre chose que caissier chez C ou A, infographiste, cuisinier, ébéniste ou jardinier, métiers proposés aux jeunes sourds !

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 19:05

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La journée sent l’été, c’est le mois de juin, le soleil descend doucement vers l’horizon.

Vincent a 7 ans, il est grand, fini le CP, en septembre il rentrera en CE1, déjà !

Il y a un an nous étions si inquiets, nous avions reçu une notification de la MPDPH pour une école de Bobigny. La classe LSF / français écrit n’était pas encore ouverte, nous partions à l’aventure, difficile pour une classe aussi importante que celle du CP !

Et l’année s’est déroulée comme un rêve, dans une classe avec une enseignante qui maitrise parfaitement la LSF, mais qui est aussi une fine pédagogue et permet aux enfants d’accéder à leur seconde langue, le français écrit.

Vincent si réticent en maternelle à Champs sur Marne pour l’écrit, est entré dans la lecture et dans l’écriture avec facilité à Bobigny.

Dans cette école, les professionnels sourds présents participent à la qualité de l’enseignement et du bien être des enfants sourds, ces modèles référents exigeants tirent les enfants vers le haut.

Mais ce qui a été encore plus remarquable c’est l’école dans son ensemble, la LSF fait partie de l’école pour les entendants aussi. Les enseignants, la directrice, les enfants, tout le monde considère la LSF comme une véritable langue et les enfants sourds comme des enfants qui ont juste une autre langue que la leur. Tout le monde l’apprend.

Cela a donné une scène extraordinaire à la fête de l’école.

Le nouveau maire de la ville discute avec nous, les parents sourds et entendants.

Soudain, une petite fille s’approche avec un petit garçon dans les bras et signe à la maman,

-         « il pleure, il est tombé, il s’est fait mal »,

Le maire rétorque

-         « Ah c’est une élève de la classe LSF ! »

Et la petite fille de lui répondreà l'oral

-         « non non, j’entend moi »

Le maire a été interloqué et a fait remarquer à son adjoint que dans cette école, pas de handicap, juste des enfants qui jouent côte à côte dans le respect mutuel !

Dans cette école les 4 professionnels sourds et les 2 entendants qui signent parfaitement qui y travaillent ont permis à Vincent de passer une année formidable !

Alors je trouve que ce soleil de juin est magnifique !

D'autant que le mercredi, l’atelier théâtre d’IVT à permis aussi à Vincent de s’épanouir, d’améliorer son expression signé et corporelle.

Je ne sais pas de quoi sera fait l’année prochaine mais celle qui s’achève nous a apporté une belle paix intérieure !

Cette école de Bobigny qui ressemble à un grand paquebot coloré est comme une bulle d’oxygène.

Alors vigilance pour que cette merveilleuse expérience dure longtemps !

Ce que cela prouve c’est que c’est possible si les adultes responsables sont motivés et ouverts.

Avec des professionnels maitrisant réellement la LSF, qu’ils soient sourds ou entendants, et d’autres qui respectent la LSF, même s’ils ne la maitrisent pas et apprennent ce respect à leurs élèves, les enfants sourds et entendants vivent très bien ensemble.

 

 

 

 

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 06:06

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Se Battre

Je regarde l’affiche d'un film qui porte ce titre et je pense à notre vie depuis 5 ans, 5 ans déjà !

Se battre d’abord contre le corps médical pour qu’ils acceptent de faire passer les tests de dépistage à Vincent, une bataille de 18 mois qui n’a aucun sens, comme si les parents qui rêvent d’avoir un enfant sourd étaient légions et encombraient leur cabinet d’ORL !

Se battre ensuite contre la vision médicalisée de la surdité que nous proposaient ces mêmes médecins.

Du déni de leur part on est passé à leur soif de nous voler notre rôle de parents, réparer, réparer à tout prix, voilà ce qu’ils voulaient.

Se battre contre eux car ils voulaient nous imposer leur vision de la surdité.

Notre enfant sourd vu par eux comme un enfant à dresser pour qu’il soit sage et, du haut de ses 2 ans, qu’il fasse les efforts attendus par eux pour qu’il rentre dans le seul monde qu’ils connaissent, celui de la parole vocale.

C’est dur quand on découvre la surdité de se battre contre cette vision médicalisée, au début on a envie de faire confiance au monde médical mais très vite on sent que quelque chose cloche, ça ne va pas, ça ne colle pas, ce qu’il dise ne colle pas avec ce que nous savons de l’enfant que nous aimons.

La bataille est rude, ils sont puissants et usent de toute leur position de « ceux qui savent » « pour notre bien ».

Se battre pour faire un choix éducatif, la loi nous donne ce droit mais pas d’information satisfaisante, pas de lieu où être accueilli, pas de parole neutre et objective pour nous aider.

Et, une fois que cette bataille est gagnée, une fois qu’on a fait un choix pour l’éducation de notre enfant sourd, s’engage la bataille pour faire respecter ce choix !

Pas de chance, nous avons fait le mauvais choix, celui que le monde médical n’approuve pas, celui que la société n’a pas prévu, nous avons fait le choix de la langue des signes, celui de l‘identité sourde de notre fils.

A partir de là, la bataille est partout, tout le temps.

Nous assumons notre choix, c’était le meilleur à faire, mais j’ai l’impression que depuis nous sommes sur un radeau au milieu d’un océan en furie !

Se battre pour que notre enfant ai droit à l’enseignement scolaire.

Se battre pour savoir où se trouvent les écoles en LSF, et découvrir qu’elles sont si peu nombreuse !

Se battre pour trouver où il sera respecté en tant qu’individu à part entière, en tant que personne ayant des droit et notamment celui fondamental de recevoir un enseignement.

Se battre ensuite pour que ces îlots, ces oasis d’humanité ne disparaissent pas au gré de l’indifférence des rectorats.

Se battre au ministère pour faire connaitre ces classes et faire comprendre leur importance fondamentale, se battre à chaque changement de ministre, tout à refaire, perpétuellement !

Se battre pour le droit de notre enfant à être citoyen de sa ville, son accès aux centres de loisirs, aux activités péri scolaires, aux activités proposées par les lieux culturels.

Se battre, encore et encore jusqu’au bout de nos forces, jusqu’à l’épuisement, et puis reprendre courage, et repartir pour se battre encore parce qu’on n’a pas le droit de lâcher, pour lui et pour tous les autres

Et ensuite lui apprendre l'histoire de ceux qui se sont battus pour leurs droits, pour liberer leur peuple, lui apprendre à se battre, lui transmettre l'esprit de résistance et la capacité à s'indigner.

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 19:28

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Savez-vous que la surdité n'est pas une maladie et que les sourds ne sont pas des malades ? Ils sont juste sourds.

 

Savez-vous que 95% des enfants sourds naissent dans des familles entendantes avec aucun antécédent de surdité autre que celui lié au grand âge ?

 

Savez-vous que 95% des sourds ont des enfants entendants ?

 

Savez-vous que la Langue des signes a été interdite en France dans l’éducation familiale et scolaire des enfants sourds de 1880 jusqu’en 1991 (Loi Fabius) ?

 

Savez-vous qu’on attachait les mains des enfants sourds dans les classes durant ces 100 ans pour qu’ils ne signent pas ?

 

Savez-vous que les enfants sourds n’ont le droit d’avoir une scolarisation en LSF que depuis 2005 ?

 

Savez-vous qu’en France la plupart des enfants sourds vivent une journée d’école dans une langue qu’ils comprennent peu et mal et donc le contenu des programmes de l’éducation nationale ne leur est pas accessible. ?

 

Savez-vous que seulement 5% des enfants sourds reçoivent un enseignement en LSF, alors que 40ù des familles ont fait le choix de la LSF pour l’éducation et la scolarisation de leurs enfants ?

Depuis la loi de 2005, et réaffirmé dans la loi refondons l’école de la république, les parents d’enfants sourds ont le choix de communication de leur enfant :

 La loi du 11 février 2005 garantit aux parents de jeunes sourds une liberté de choix entre une communication bilingue - langue des signes française et langue française écrite - et une communication en langue française aidée ou non du LPC (code) 

 

Savez-vous qu’en France il n’existe que 13 classes où toute la journée, tout l’enseignement est fait en LSF ? L’une d’elle est à Bobigny à l’école Georges VALBON.

 

Savez-vous que la plupart des parents qui choisissent une éducation bilingue pour leur enfant sourds (LSF/français écrit) sont obligés de déménager pour que leur enfant ait une scolarisation dans sa langue ?

 

Savez-vous qu’avec la LSF on peut tout apprendre et faire des études supérieures ?

 

Savez-vous qu’un enfant qui a accès à la LSF grandit avec le même niveau de compréhension et d’expression que les enfants entendants de son âge ?

 

Savez-vous qu’aux USA des sourds sont médecins ou avocats ?

 

Savez-vous qu’en France, les métiers qu’on propose aux enfants sourds dans les établissements spécialisés sont toujours les mêmes, jardinier, ébénistes, comptables ou infographiste ?

 

Savez-vous que les sourds ont une culture riche et une langue magnifique?

 

Savez-vous que beaucoup de films français ne sont pas accessibles aux sourds car ils ne sont pas sous-titrés ?

 

Savez-vous que les informations télévisées sont peu accessibles, les informations régionales n’ont pas de sous-titrées ?

 

Savez-vous qu’à cause des difficultés de communication, les sourds sont mal ou peu soignés ?

 

Savez-vous qu’à cause de la barrière de la langue, les loisirs sont peu accessibles aux sourds de tous les âges ?

 

Mais savez-vous que les sourds sont des citoyens comme les autres, et qu’ils votent ?

Savez-vous que pour que l’accessibilité d’un débat, d’une réunion ou d’une conférence soit totale pour les sourds, il faut des interprètes et de la vélotypie ?

 

Merci de mieux regarder autour de vous !

Merci de faire un pas vers les sourds, un effort pour les entendre parce que eux en font tous les jours pour se mettre à votre portée !

 


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Published by catherine Vella - dans luttes
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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 10:18

Power Point de mon intervention à Montpellier le 16 mars 2014, à l'invitation de l'association GHANDIS 

 

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 12:44

Ce matin, une jeune femme nous a demandé

"Finalement, pourquoi ne "voulez"-vous pas l’implant pour Vincent ?"

Comme c’est une question qu’on nous pose très souvent, nous avons fait une réponse écrite, la voilà :

Mon mari a tout de suite refusé l'implant pour une raison que je dirais philosophique :

L’implant est une intrusion non vitale dans le corps de son fils, d’un individu autre que lui-même. Cette intrusion est irréversible ou presque, et donc pour ne pas violer l’intégrité de Vincent, c'est une décision que Vincent prendra seul s’il le souhaite quand il sera plus grand.

Mon mari dit qu’il respecte trop l’individu et son libre choix à disposer de lui-même pour prendre une telle décision pour son enfant.

Pour moi, l’important n’était pas que mon fils soit un sous-entendant, devenu dépendant de techniques et de médecins pour se maintenir dans son sous-état mais qu’il se développe socialement et intellectuellement harmonieusement et le mieux possible. Il est sourd, et alors ? Il a le droit d’être autre mais pas un sous quelque chose, non. Le droit d’être un être à part entière, debout, fier de ce qu’il est, sans honte.

En outre, la langue des signes lui permet de s’exprimer spontanément, librement et très naturellement, et d’avoir un accès au savoir et aux apprentissages, comme tous les enfants de son âge.

Ensuite, lui-même refuse d’oraliser, et même de porter ses appareils, nous respectons entièrement ce choix.

Il a des amis sourds et entendants, il est vif, curieux et intelligent, très sociable et équilibré, donc nous assumons parfaitement notre décision.

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Published by catherine Vella - dans notre histoire
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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 21:12

Commencer une grossesse quand on a 43 ans, c’est un chemin rempli de contrôle, d’examen, où on découvre plus d’angoisse qu’autre chose.

Examens de sang, d’urine et écographie.se succèdent, et tout de suite on m’a expliqué les risques de trisomie 21 : « nous vous conseillons vivement de faire le test car vous pourrez ainsi envisager une interruption de grossesse », m’a dit avec un gentil sourire mon gynécologue.

Ces mots n’ont l’air de rien, ils sont si simples et si bienveillants !

Au départ je ne voulais pas, et puis les conseils réitérés ont fini par me convaincre.

Je n’oublierais jamais ce jour de début de printemps, j’attendais le bus pour aller faire cette fameuse amniocentèse, dans la file d’attente, une maman âgée et son fils porteur de ce fameux gène supplémentaire.

Mes pensées ce bousculaient alors, mais j’avais du mal à trouver ce dépistage si essentiel, sans savoir mettre des mots clairs sur les sentiments qui m’envahissaient alors, mais quelque chose me dérangeait profondément !

Arrivée à la maternité, la douceur et la gentillesse de l’équipe m’ont rassuré.et m’ont fait, pour un temps, oublier mes doutes.

Ensuite 6 semaines d’attente, de plus en plus lourdes et le bébé qui commençait à bouger, à me donner toutes les preuves de son envie de vivre, nos liens se renfonçaient au fil des jours !.

J’avoue m’être demandé alors comment j’allais affronter l’opinion de mon entourage si ce petit être auquel j’étais déjà profondément attaché était porteur de cette différence jugée inacceptable par le corps médical !

Fin du mois de mai 2006, nous partons avec mon mari, en amoureux, pour notre voyage de noce à Malte.

Pour la première fois je pose le pied sur la terre de mes ancêtres.

Semaine d’émotion, et sur l’île de Gozzo, près de la grotte de calypso, la maternité m’appelle :

« Tous va bien madame, votre petit garçon est normal, pas de problème, vous pouvez poursuivre tranquillement votre grossesse » …

Ouf, pas de choix à faire, pas de jugement à affronter, juste le bonheur d’attendre un petit Vincent que tous les maltais appelaient déjà Vincent Vella, malgré la présence de son père qui ne s’appelle pas du tout Vella …

« Tenez madame, c’est une bonne nouvelle, n’est-ce pas ? » me dit le médecin quelques semaines après, en me remettant avec un grand sourire le caryotype de Vincent premi-re-photo-de-Vincent.jpg

Sans doute a-t-il été étonné de mon manque de réaction, mais quel sens a donc ce document ?

Un peu plus de 7 ans après, je regarde toujours ce papier avec autant de consternation !

Dépister …

Cet alignement de barres que dit-il ? Explique-il que Vincent est un petit soleil, lumineux et souriant depuis sa naissance et qu’il fait notre bonheur ?

Dit-il que sa grand-mère va mourir d’un cancer alors qu’il n’a que 3 ans et que même 4 ans après elle lui manque encore ?

Tous ces dépistages, avant, après la naissance qui a réellement réfléchi au pourquoi de ces dépistages ?

Pour sauver les bébés de maladies graves ou pour  fabriquer un monde parfait ? Certains se rêvent en héros de l’humanité qui vont tout réparer tout remettre en ordre, mais de quel ordre parlent il ? De quel monde rêvent ils ?

Comme un pied de nez au destin, Vincent n’a pas de gêne supplémentaire bien visible, mais il est sourd, et depuis 4 ans, depuis que je sais qu’il est sourd, je remercie l’univers tout entier que cette image ne montre pas la surdité !

  Si cela avait été le cas, qu’auriez-vous dit ? « Madame, la vie d’un enfant sourd ne vaut pas la peine, mieux vaut avorter », comme vous le dites si facilement pour d’autres différences ?

J’aime le monde tel qu’il est, riche et varié, un monde avec des sourds. Est-ce si difficile à comprendre ?

Je ne suis qu’une petite fourmi au sein d’un univers immense, et ceux qui rêvent du « meilleur des mondes » ne sont aussi que des petites fourmis éphémères ! Mesurez-vous, vous qui voulez un monde selon votre rêve de perfection, que vous n’êtes que des grains de poussières, que dame nature peut balayer d’un souffle ? Et l'ordre, la perfection qui vous anime tant, qui en a établi les critères ?

Pourquoi voulez-vous à tout prix dépister le plus tôt possible des choses qui ne présentent aucun risque vital ? Pour calmer vos peurs ? Pour éradiquer de la surface de notre petite planète ce que vous nommez parfois comme des « erreurs de la nature » ? Vous rêvez d'un univers monochrome et moi je le veux multicolore, difficile de nous comprendre !

Alors ce caryotype, je le regarde en souriant, comme un trait d’humour de la vie.

Aujourd'hui les gouvernements déploient mille prétextes pour dépister  la surdité au plus tôt, pourquoi ?

Si c'était réellement pour permettre aux familles d'entrer le plus tôt possible en communication langagière avec leur enfant, le budget serait prioritairement consacré à l'information et à la formation des parents, or c'est le contraire, alors pourquoi ???

J’aime la science médicale qui a sauvé la vie de Vincent en réparant son problème cardiaque, mais comme pour tout pouvoir, celui des médecins peut dépasser la limite, et abuser d’un pouvoir quel qu’il soit c’est tomber dans l’HYBRIS grecque, dans la démesure coupable !

Sauver la vie d’enfants, oui, mais dépister sans discernement, non

Gardons un monde multiple, multicolore, riche de sa diversité et peut être que cette société peut essayer d'apprendre à respecter les différences ?

Cet été à Douarnenez, j’ai découvert les abus de pouvoir des médecins face aux bébés intesexes, ces bébés nés ni fille ni garçon qui dérangent tellement notre société d'ordre établi, ces bébés qu’ON mutile au nom de leur bien être juste parce qu’ON n’accepte que 2 genres, masculin et féminin, et leurs parents perdus que les médecins poussent à faire leur malheur et celui de leur enfant de manière irréversible.

Découvrir le génome humain a sans doute été une bonne chose, jouer aux apprentis sorcier n’en est pas une !

Quand on passe une semaine ou quelques jours dans ces bulles de vie, comme aux universités d'été de 2LPE, au festival Clin d’œil à Reims ou au festival de Douarnenez, on en ressort grandi.

Alors, jusqu’au bout de mes forces je me battrais pour une société plurielle et respectueuse des différences, n’en doutez pas !

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 07:45

Vincent a fait son entrée « à la grande école » … en élémentaire.

Dans une classe LSF qui vient d’ouvrir dans une école toute neuve de Bobigny (93).

Dans cette classe en langue des signes il y a des enseignants qui signent très bien, entendante et sourde, et des enfants de CP.

Hier, on a couvert ensemble son livre et ses cahiers, on a révisé sa page de lecture, tous les deux nous avons travaillé sur la différence entre les 2 langues, on a regardé les mots et puis on a signé la phrase et ensuite on a regardé comment c’était écrit en français.

Pas de barrière de langue à l’école, tout se fait dans sa langue première, la LSF, dans un confort d’apprentissage classique.

Il découvre une deuxième langue, le français écrit, cette découverte se fait par la LSF, tranquillement.

Pour le sport et l’art plastique avec les autres enfants sourds de sa classe, il partage les activités de la classe de CP des enfants qui entendent.

Il trouve que c’est dur de travailler, que la maternelle c’était bien,

Bref, la vie d’un écolier et de sa maman !

Alors pourquoi ce texte si banal en fait ?

Combien d’enfants sourds ont la chance de Vincent ?

Combien ont la chance d’avoir une vie d’écolier tout ce qu’il y a de plus ordinaire.

La chance d’avoir accès à 100% de la parole du professeur parce que l’enseignement est donné dans une langue que l’enfant comprend totalement ?

La chance d’aborder le français par le biais d’une langue qu’ils maitrisent parfaitement 

La chance d’avoir des enseignants qui sont de bon locuteur de la LSF

La chance de ne pas être seul enfant sourd, noyé dans une classe d’enfants qui entendent.

La chance d’être juste regardé comme un élève de CP.

La chance de ne pas être considéré comme un enfant malade à réparer, à corriger, entre les mains d’ortho de psycho et autres spécialistes qui perturbent sa journée scolaire.

Alors cette journée d’écolier ordinaire, concentré sur son travail scolaire, sur ses apprentissages, qui peut jouer et échanger avec des camarades dans le confort d’une langue commune, et s’adresser facilement à son professeur, pour un enfant sourd c’est très loin d’être banal ! C’est même une énorme chance donnée à très peu d’enfants !

Beaucoup, la grande majorité des enfants sourds n’ont pas cette chance, leur vie d’écolier est solitaire et dans une communication bancale, partielle, ou ressemble plus à de la rééducation qu’à de l’éducation !

Alors je savoure des moments tout simples comme travailler quelques phrases de lecture ou l’écouter se plaindre de la difficile condition d’un élève de CP.

Et, en ce temps de rentrée des classes, je pense très fort à tous ceux qui n’ont pas sa chance !

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Published by catherine Vella
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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 17:21

 

Voilà 4 histoires totalement vraies qui nous sont arrivées il y a peu de temps

 

1)

Scène de bus

Vincent et moi, nous sommes assis dans un bus et nous signons, il me raconte sa journée.

En face, un couple,

Au bout de quelques instants la dame dit à son mari,

« Le pauvre, regarde, il ne parle pas, c’est normal avec une maman sourde … »

Une fois que Vincent a eu fini de me raconter sa journée, je me suis tournée vers la dame pour lui dire :

« Ce n’est pas moi qui suis sourde, c’est lui … »

Consternation !

 

2)

Scène de restaurant

Nous sommes tous les trois dans un restaurant en Espagne, il y a peu de place, juste à côté de nous s’installe une tablée de retraité français.

Nous discutons entre nous, en LSF, bien sûr, tout d’un coup, l’une des femmes d’à côté dit en nous regardant :

« Vous savez, maintenant on les éduque ces gens là »

Quelques minutes se passent, nous continuons à signer entre nous, la serveuse arrive et avec un plaisir énorme je lui demande de l’eau à voix haute et mon mari lui demande du pain !

Les 4 convives d’à côté ont plongé leurs regards dans leurs assiettes, et n’ont plus dit un mot jusqu’à ce que nous partions ! Grand moment de solitude !

 

3)

Scène de RER

Un vendredi, Vincent et moi, nous sommes dans un RER, en face un couple.

Vincent commente ce qu’il voit par la fenêtre et je réponds à ses questions.

Tout d’un coup, la dame avec beaucoup de gentillesse, se penche près de l’oreille de Vincent et lui dit

«Et bien mon petit, tu n’es pas à l’école aujourd’hui ? »

Vincent me demande ce qu’elle a dit, je lui traduis, puis il signe

« Non, la maitresse était malade »

Ce que je traduis à la dame interloqué, confuse mais très gentille !

 

4)

Scène de métro

Sur un quai de métro, mon mari et mon fils discutent d’un spectacle qu’ils viennent de voir, une dame s’approche d’eux, se penche vers Vincent et lui dit

« Mon petit, peux tu demander l’heure à ton papa ? »

Mon mari rit, traduit à Vincent qui aussitôt lui montre tout fier sa belle montre rouge et mon mari répond à la dame en lui donnant l’heure à haute voix. Elle s’éloigne stupéfaite en esquissant un faible merci !

 

Morale de ces 4 histoires totalement vraies

Mesdames et messieurs, lorsque vous rencontrez des adultes qui signent avec un enfant, ce ne sont pas toujours les adultes qui sont sourds.

 

Oui des parents entendants peuvent communiquer en LSF avec leurs enfants dans la vie de tous les jours !

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